Bonampak la vieille cité peinte

Vendredi 17 avril 2018 :
Palenque, Mexique. Lever 5h30. ça pique!
On laisse notre voiture à l’hôtel car on va voyager en combi. Il fait encore nuit à 6h00 quand on monte dans un mini-bus en bas de l’hôtel. Une longue journée nous attend, ce soir on sera loin d’ici; destination : le Guatemala

En video:

Le jour et la brume se lèvent peu à peu sur les montagnes.
Voyager ici au Chiapas n’est pas simple en voiture individuelle : routes en piteux état, isolement, et surtout bloqueos (barrages) : souvent des communautés autonomes (ou non) imposent une petite taxe de passage (illégale). Ce sont des villageois ou fonctionnaires s’opposant à des décisions locales, ou dont salaire n’a pas été payé, voire parfois c’est du simple racket. Donc voyager en combi c’est plus sûr car la négociation a été faite en amont par la compagnie.

On est un peu tassés les uns sur les autres avec d’autres familles mexicaines. Même pour notre Loïc matinal le réveil est laborieux. Il est difficile, il chouine, il fait la porte qui couine, ça commence fort !

La route est défoncée, bourrée de topes (dos d’ânes) que notre chauffeur prend brutalement.  ça casse les reins

On s’enfonce au Sud Ouest du Chiapas. C’est un état mexicain pauvre mais  magnifique, rude, mi-montagneux, mi-tropical. Les habitants sont majoritairement d’origine amérindienne , descendant des Mayas d’ethnies différentes (Tzeltales, Tzotziles, Choles, Zoques…) parlant des langues différentes et ne maîtrisant pas tous l’espagnol.

Au bout d’une heure et demie, on fait un arrêt pour le desayuno.

Au menu : riz omelette et haricots noirs, c’est un peu rude pour nous à cette heure matinale. Heureusement il y a un peu de pain et de beurre rance avec quelques fruits. Les enfants ne mangeront pratiquement rien.

Notre minibus combo Kichan Bajlum nous attend

Et c’est reparti. On reprend la route pleine de topes

On s’approche du Guatemala mais notre route perdue dans la jungle ne permet pas de s’y rendre : elle longe la frontière; d’abord le fleuve puis « la ligne droite » au milieu de la jungle et surtout au milieu de nulle part. Cette route récente a été créée avant tout pour surveiller le trafic de drogue et l’agitation révolutionnaire locale. Ce midi quand on ira au Guatemala, comme il n’y a pas de route pour s’y rendre, il faudra traverser le fleuve en pirogue….

Le Chiapas est une magnifique région sauvage et rurale, mais pauvre. Les paysans amérindiens minoritaires dans le pays sont majoritaires ici.
Il y a encore parfois des échauffourées entre les zapatistes (défendant les paysans amérindiens) et les groupes paramilitaires (payés par les grands propriétaires terriens).

Les négociations avec le gouvernement continuent . Les investissements étrangers arrivent peu à peu pour aider l’économie locale mais les avancées sociales sont limitées.
Les communautés mayas sont encore souvent reléguées à l’agriculture de subsistance (maïs, piments, patates douces, haricots rouges,…) alors que le Chiapas regorge de ressources naturelles (comme le pétrole) et aussi un potentiel touristique énorme mais balbutiant.

ça fait presque 4 heures qu’on roule et on n’a pas encore fait 150 km…
On passe devant « la police des chemins » 

Là, il faut laisser notre bus pour prendre une fourgonnette attitrée avec un guide. Impossible d’y aller seul. Une coopérative locale contrôle le chemin d’accès aux ruines de Bonampak par une piste forestière

Cette piste est encore plus défoncée

On roule dans la poussière 😉

Nous y voilà ! Bonampak est un peu site touristique, il n’en reste pas moins difficile d’accès et éloigné de tout.

Dans le bus on a sympathisé avec plusieurs autres personnes, dont une famille mexicaine avec une petite fille, sa maman et les grands parents, très gentils.

On commence la visite par un petit chemin au milieu d’arbres immenses. Notre guide nous explique la flore comme par exemple l’arbre maya qui pique.

Chaque picot représente l’âme d’un défunt. Selon le culte maya, l’âme s’incruste dans l’arbre par le bas et puis monte vers le ciel. Donc, les picots les plus bas sont ceux de morts récents et les plus élevés sont presque arrivés dans le paradis des dieux. Victor « Attila » s’y frottera en voulant lui faire un calin !!!

le caoutchouc…

et de nombreux arbres géants qui nous donnent le tournis

Les 2 petits (Loïc et Victor) sont surexcités et courent partout. Heureusement notre groupe a un regard très bienveillant sur eux.

« Et Maman regarde là bas une énorme pyramide de pierre ! »

La vue est saisissante : le travail des archéologues a dû être titanesque pour dégager la façade de cette pyramide qui était enfouie sous la forêt au milieu des collines.

Bonampak signifie « murs peints » en maya et fut découvert par les occidentaux assez tard (en 1946), guidés par les Mayas Lacandons qui continuaient à pratiquer, à certaines périodes, d’anciens rites mayas dans les temples.

Notre guide est un peu « rapido », il parle espagnol mais pas « despacio » du tout et on se sent un peu bousculés puis on fait un stop assez long devant le temple pour parler des fameuses peintures de Bonampak.
On comprend la moitié à peine mais c’est plutôt intéressant. La construction de la structure du site date de la fin de la période classique (580 à 800 après JC).

Il nous explique que contrairement aux historiens, le travail des archéologues est interprétatif et que les explications proposées des peintures le sont sur de fortes présomptions des connaissances qu’on a du monde maya de l’époque mais pas des vérités absolues.

On y voit des représentations de familles importantes, un lien avec la musique avec des instruments mais comme il nous dit n’ayant aucune trace audio ni de partitions, on ne sait pas du tout de quelles sonorités il s agissait.
On voit aussi les nobles qui tendent un doigt pour le percer. Un auto sacrifice pour faire couler le sang, des scènes de danse, des évocations de guerre. Et en bas, un bandeau représentant l’infra-monde. Les extraordinaires fresques écartent définitivement la réputation de pacifisme des mayas.

Victor est-t-il prêt à démarrer (comme d’habitudes) quelques bêtises ? 

Glück s’éloigne  pour s’occuper des 2 petits sur la grand place face à la pyramide, pour ne pas perturber les explications du guide.

Il y a un arbre avec des chouettes nids, habités par d’originaux oiseaux  jaunes

On avance un peu pour découvrir quelques sculptures retrouvées sur place. Selon les dires du guide, chaque sculpteur à sa « signature» propre.

Celle-ci  mesure près de 6 mètres de haut. C’est l’une des plus grandes stèles mayas connue.

Datant de 782, elle montre Chan Muan II, le dernier dirigeant de Bonampak, au sommet de sa gloire. Il est représenté en costume d’apparat sur la partie supérieure de la stèle, avec lance et bouclier porte un bâton de cérémonie, le monstre de la terre, d’où émergent les visages du jeune dieu du blé.

De nombreux glyphes laissés par le sculpteur apportent des informations sur la généalogie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et enfin , on gravit les marches pour accéder au fameux Templo de la Pinturas

Pour préserver le site un gardien surveille les lieux… enfin pour l’instant il roupille un peu avant qu’on arrive 😉

Il y a de nombreuses consignes à respecter pour préserver le site : pas de sac, pas de chapeau, pas de flash, pas de selfie, 3 personnes max à la fois par salle, etc… et maintenant le gardien est réveillé pour tout contrôler ! On y va donc à tour de rôle. Victor ce vilain en profite pour lancer un caillou à la petite fille, et se fait copieusement gronder par son papa !

La salle du milieu est la moins bien conservée (abimée par les premiers explorateurs), mais c’est magnifique, on en a des frissons

On remonte plus de douze cents ans, dans les ruines de cette cité maya, enfouie dans la jungle du Sud mexicain.
Ici est représentée une rude bataille qui eut lieu le 2 août 792 et qui s’achèvera par la défaite des ennemis, le jugement et le supplice des prisonniers.

Les ennemis vaincus ont été dépouillés de tous leurs vêtements et bijoux à l’exception d’un pagne.
Chan Muan II assiste au supplice des prisonniers, à qui on arrache les ongles ( les doigts dégoulinant de sang sur la reproduction).
Des têtes ont déjà été coupées avec le bourreau.

Il est entouré de notables, de courtisans et de femmes de la cour, tous somptueusement vêtus.

ça ne rigolait pas !

Les 2 autres salles sont encore plus impressionnantes

270 personnages et une trentaine de divinités sont représentés, ainsi que 108 hiéroglyphes.
Ces 150 m² de fresques, réalisées avec des pigments minéraux et végétaux, sont uniques dans le monde maya connu. 

L’absence de joints dans le plâtre indique que chaque pièce fut peinte d’une seule traite, pendant la courte période où le plâtre était humide. Elles portent la marque d’un maître, et de deux assistants compétents. Les trois pièces dépeignent avec beaucoup de réalisme une série d’événements. L’interprétation la plus acceptée affirme que les fresques illustrent une seule histoire qui comprend trois phase : avant, pendant et après la bataille. 

On y voit le seigneur du lieu, ses deux femmes, des enfants, des serviteurs enturbannés, des danseurs, des musiciens et des porteurs de parasols, des dignitaires aux luxueux ornements de plumes et de peaux de jaguar, des guerriers brandissant lances et casse-tête, des captifs à demi nus implorant leurs vainqueurs.

Tout au long de la scène apparaissent des personnages de haut rang qui se préparent pour l’événement

Certains personnages sont élégamment habillés avec leurs grandes coiffes de plumes Quetzal , en plus des divers éléments en jaguar et peau de serpent dans leurs costumes.

Chacune des portes de 3 salles possède un linteau sculpté d’un guerrier soumettant un captif. 

Après la victoire de la bataille, dominée par Chaan Muan II, le dernier souverain de Bonampak, se doit d’offrir son sang à son tour aux dieux dans un rite d’autosacrifice. Lors de la cérémonie il est sur son trône,  accompagné de sa femme Señora Yax T’ul (Verde Conejo ou Lapine Verte) et de mère  la Señora Escudo Cráneo (Bouclier de crâne). La famille royale  a «choisi» de faire passer une cordelette dans leur langue et de la percer pour recueillir leur sang et l’offrir aux dieux.
Sous le trône se trouve la boîte en bois que les vainqueurs ont prise comme trophée de guerre avec les objets du pouvoir.

Après avoir analysé les images infrarouges de cette scène, les glyphes “ho pi (ca) caw”.  ont été révélés.  » Cacaw  » était le terme maya classique pour les fèves de cacao et on a suggéré que le glyphe « pi » représente l’unité de 8 000 fèves. Par conséquent, s’il en est ainsi, il semble qu’il y ait eu un paiement en hommage à Chan Muwan II de 40 000 fèves de cacao , ce qui était considéré comme une grande fortune à l’époque.

Les fresques de Bonampak sont uniques. Aucun vestige maya, datant de l’apogée de cette civilisation n’atteint un tel réalisme et un tel degré de perfection technique.

Une cérémonie où le jeune fils de Chaan Muan II, futur héritier du royaume, est présenté à la noblesse par la famille régnante ; un orchestre jouant de trompettes en bois, de tambours et d’autres instruments ; des nobles discutant lors d’un débat.

Des danseurs aux costumes raffinés portant des masques représentant des dieux ;

Dans la 3eme salle, on remarque que le plâtre est à nu spécifiquement sur les visages des nobles. On se renseigne car ça nous intrigue. Et effectivement, ce n’est pas un hasard. Leurs visages d’origines n étaient pas peints mais faits de pierres précieuses et ont été pillés !

Peu après leur création et l’abandon de la cité, il y 1200 ans, de l’eau de pluie s’est introduite dans le plâtre du toit, recouvrant les peintures d’une couche de carbonate de calcium légèrement transparente qui a protégé les peintures tout ce temps (elle datent de 790-795, peu avant l’abandon de la cité).

On y retourne après le reste du groupe à contempler. Et on y est reste encore un bon moment seuls pour profiter de l’instant.

Mais on ne renonce pas pour autant à monter en haut de la pyramide voir la vue même si le guide nous speede, on est quand même pas venus pour ne voir les choses qu à moitié.

Dame Glück fait l’ascension avec Victor à bras car il rechigne le chameau!

Partout autour de nous la jungle s’étend sur des kilomètres.

Puis, on redescend tranquille

 

En trajet, la gentille famille nous offre des fruits et oreos pour les enfants. On revient à la fourgonette.

On discute avec eux et notre voisin, lui aussi mexicain et très sympa. On parle de la suite de notre projet, Calakmul et tout le reste . Ils ont l’air un peu inquiet pour nous et nous conseillent le bus. On parle sécurité. En fait selon eux, dans toute cette zone de jungle proche du Guatemala, on a autant à craindre des ennuis du côté de la police (apparemment archi-corrompue) que des narco trafiquants. Ils disent que Vera Cruz craint beaucoup mais à notre grand étonnement, México City pas trop, en tout cas, pas plus qu’une autre grande ville!

On change de transport et on reprend notre bus pour une vingtaine de minute jusqu’au village frontalier, la frontera coroza, faite naturellement par le fleuve rio… c est là que nous quittons le reste du groupe. Eux poursuivent par la visite de Yaxchilan et rentrent à Palenque le soir . Nous ce sera au retour mais pour l ‘instant , nous passons la frontière, direction le Guatemala !

Didier nous avait prévenu que l’organisation des peuple Mayas ici était très complexe gendarmes, majordomes,capitaines, anciens du village, chamans, rendent la justice en parallèle  à l’Etat Fédéral. Les communautés sont en fait commandées par le conseil des anciens. Les Chiapanecos ont toujours plus résisté au catholicisme et y ont intégré leur propre vision mystique : ils vont à l’église mais c’est pour y pratiquer leurs propres rites. Ici les prêtres ont moins de pouvoir que les prestigieux chamans  la fois guérisseurs, sorciers et devins.

En video :

Palenque, la cité perdue sous la forêt humide

Lundi 16 avril 2018 :
Après un début de matinée bien chargé, on part en voiture en direction du site archéologique de Palenque. Il est déjà midi.
On y est en une demi-heure après un bout de route montagneuse.
Les inscriptions indiquent que la ville de Lakamha’ (lieu des grandes eaux,  sans doute en raison de ses nombreuses sources et cascades) naît au IIIe siècle.

Elle devient la capitale de cette région région fertile, chaude et pluvieuse appelée B’akaal (actuellement Chiapas et Tabasco).

Pendant cette période se succèdent épisodes glorieux et catastrophiques, alliances et guerres. Les pyramides les plus impressionnantes ont été construites entre l’an 600 et l’an 900.

De tous les sites archéologiques mayas, Palenque est celui dont la découverte est la plus ancienne : à la fin des années 1690, le frère Ramón de Ordoñez y Aguilar venu évangéliser le Chiapas découvre les vestiges par hasard et propage la rumeur d’une immense cité perdue dans la jungle.
Mais le site était connu des Mayas Chol sous le nom de « Otolum » (Terre des maisons fortifiées, traduit en espagnol : Palenque).

Dès notre arrivée nous voilà face à la première pyramide (Templo de la Calavera ou Temple de la Tête de Mort), encore à moitié recouverte par la jungle . C’est le choc !
Loïc : « Ouah!!!! »

Il était à l’origine peint en rouge et bleu (au VIIIe siècle).

Les pyramides sont immenses et les arbres à lianes autour aussi.

Pour nous, encore un vrai coup de foudre dès que nous posons les yeux sur le Templo XIII et la Tumba de la Reina Roja (Tombeau de la Reine Rouge)

Il y a comme une entrée protégée par une palapa :

une porte… (découverte par une jeune archéologue alors qu’elle effectuait des fouilles en 1994, un mur sonnait creux)

et un couloir…

C’est flippant!

qui nous conduisent à trois chambres,

dont l’une abritait un sarcophage de pierre.

Celui-ci contenait les ossements d’une dame « rouge » qui y reposait depuis 1300 ans. Le corps, l’offrande et les parois du sarcophage étaient recouverts d’une épaisse couche de pigment rouge : du cinabre (un pigment obtenu par broyage de sulfure de mercure  hautement toxique ) – d’où le nom de «Reine rouge» (Reina Roja).

Qui prêta sa puissante identité dans l’un de nos jeux favoris…

Le grand nombre d’offrandes autour d’elle démontre qu’elle était une femme importante et puissante. Elle était couvert de jades, de perles, de couteaux d’obsidienne, d’aiguilles en os, et de coquillages. Son visage portait un masque réalisé avec environ 300 tuiles de jade. (les 3 photos ci-dessous proviennent du musée). Il est composé de cent dix-neuf morceaux de malachite, deux plaques d’obsidienne qui simulent les pupilles , quatre plaques de jadéite (cristal servant de lame sacrificielle) qui simulent les iris, deux tubulaires et deux perles circulaires qui forment les cache-oreilles en jade .

De plus, le corps était orné de colliers, cache-oreilles, coiffes, diadème, bracelets et bracelets de cheville.

Sur les côtés du sarcophage de la Reine Rouge se trouvaient les restes squelettiques d’un garçon de 8-11 ans (décédé par décapitation) et d’une femme de 25-30 ans (qui serait morte d’une extraction cardiaque). Selon les rituels mayas, ils correspondent à des compagnons sacrifiés pour escorter un noble lors de son voyage vers le monde souterrain (l’infra-monde).

Faute de la moindre inscription, l’identité de la Reine rouge reste mystérieuse. Les enquêtes suggèrent qu’il pourrait s’agir de Tz’akbu Ajaw,  l’épouse de Pakal « le Grand ». Des test ADN ont prouvé qu’elle n’avait pas de parenté directe avec celui-ci.

La Reine Rouge mesurait 1,58 m et avait 38-40 ans au moment de sa mort. Comme le veut la tradition de la noblesse maya, son crâne avait été déformé (depuis qu’elle était petite) en une forme tabulaire oblique au moyen d’attelles et de bandages attachés à la tête.

Une reconstitution de son visage a été réalisée

On sort pour admirer le temple voisin au sommet d’un pyramide de 20 mètres

appelé Temple des Inscriptions car il contient des inscriptions formant un seul texte de 617 blocs glyphiques, un des plus longs que l’on connaisse du monde maya, sur l’histoire de la cité. Ils ont permis de reconstituer la lignée de 19 rois (le premier c’était K’uk B’alam (Quetzal Jaguar) en 431 après J-C).

En 1952, après 4 ans de fouilles, un archéologue a ouvert l’entrée de la chambre funéraire, située à 25 m sous le sol du temple.

Bon pour des raisons de conservation on ne peut plus y accéder mais on sait que c’est là que repose, le célèbre seigneur Pakal le Grand (Kinich Janaab Pakal, 603-683), qui conduisit la ville à la gloire. Intronisé à l’âge de 12 ans, alors que la cité était en pleine décadence (après les défaites contre Calakmul en 599 et en 611), il occupait à la fois les fonctions de roi et de prêtre suprême. Il édifia la majeure partie des palais et des temples comme le Temple des inscriptions.
Lorsque Pakal meurt, au terme d’un très long règne (68 ans), il est vénéré comme un être surnaturel. La pierre tombale sculptée le représente émergeant de la terre dans un acte de renaissance. (Photo de musée ci-dessous:)

Pakal prend la place du Dieu du maïs qui naît de la terre, grandit, vieillit, meurt et se rend dans le monde souterrain d’où il renaît cycliquement. Dans la vision du monde maya, les humains ont été créés à partir de pâte de maïs. Les trois personnages essentiels sont: Pakal,  Kawil (Dieu de la nourriture) et le It-zamna (Dieu du Ciel) dans leur forme d’oiseau céleste, représentant les trois niveaux de l’univers dans la conception maya.

Le sous-sol du temple représente une montagne et le tombeau une grotte  (le seuil de l’inframonde habité par des divinités et des ancêtres). Les ancêtres de Pakal étaient représentés dans les reliefs latéraux du sarcophage.

La crypte fut construite avant la pyramide qui la couvre et finalement avant le temple. Avant la découverte de cette tombe, on pensait que les pyramides n’étaient rien d’autre que des soubassements de temples.

On continue. Devant nous voici El Palacio

Et comme toujours dès qu’on peut grimper on le fait !

Du balcon del Palacio, voici El Templo de las Inscripciones

Et regardez les gars une galerie !

Un complexe dédale au milieu de la montagne

Dominé par une tour carrée de 4 étages qui aurait servi d’observatoire.

Des patios

Loïc : « Regarde Alex, c’est géant ! J’ai trouvé un passage secret »
Alex (qui fonce devant) : « Ah ouais ! »

Alex : « Et regarde Loïc,  il y a des stalactites »
(infiltrations d’eau dues aux joints disloqués).

Les enfants sont excités comme des fous en explorant ce labyrinthe de corridors, de cours, de balcons, de portes voûtées

Derrière Alex et Loïc, au loin au cœur de la forêt, le Temple de la Croix

Et oui on est au derrière étage mon Lolo !

Mais ça continue !

C’est un vrai labyrinthe

Ici, il y a des fenêtres partout ce qui est rare dans l’architecture maya . Les pièces étaient séparées et fermées par des rideaux dont il ne reste que des supports.

Les galeries  renferment des sculptures et bas-reliefs. Ici des prisonniers que Pakal avait faits en 659. Il s’agit de nobles de Santa Elena, un royaume allié à l’ennemi Calakmul

El Palacio est l’une des plus belles et des plus complexes structures du monde maya, résultat d’innombrables transformations architecturales qui se sont produites sur plus de 400 ans.

A Palenque, plutôt que des stèles il y a de grandes dalles de pierre couvrant les murs : des panneaux portant des hiéroglyphes et autres sculptures.

L’Oval qui illustre l’intronisation de Pakal, aux côtés de sa mère Zac Kuk.

Et des colonnes du palais indiquent sa généalogie avec un texte scellant une alliance avec Tikal et avec Yaxchilan.

Allez c’est l’heure de « cache cache maire » pour nos loulous.

On continue l’exploration

On s’éloigne du palais

Waldeck un explorateur dessinateur farfelu du XIXe siècle, autoproclamé « Comte » et à la vie exceptionnellement longue (109 ans) est le premier à avoir dessiné les monuments de la culture  maya.

Victor file vers le Temple du Comte. Waldeck le nomma ainsi car c’est là qu’il séjourna lors de son voyage à Palenque.

Comme toujours, on escalade toutes pyramides sur lesquelles on peut grimper hein les gars ?

C’est vertigineux

La Reine actuelle du temple

Vamos ! Direction le Groupe Nord.

Il comprend cinq temples. Certaines parties d’entre eux remontent à 325 après JC, les derniers ajouts étant survenus entre 625 et 700 après JC, la période de Pakal et de ses fils.

Originellement à destination religieuse mais remodelés pour devenir des résidences : on y a trouvé des outils pour moudre le maïs, des lames d’obsidienne, et un four. 

On passe curieusement devant une tombe beaucoup plus récente : un priviligié, l’archéologue le plus célèbre de Palenque, Alberto Ruz Lhuillier. C’est lui qui découvrit l’entrée de la tombe de Pakal.

On suit un sentier et on passe un pont sur une rivière

On est au cœur de la montagne tropicale humide. Il reste encore plus de mille structures couvertes par la forêt. La zone découverte représenterait à peine un dixième de la superficie totale de la cité.

Le Groupe des Croix  est constitué de trois pyramides échelonnées couronnées de temples  édifiées à l’occasion de l’accession au trône  du fils ainé de Pakal, le roi K’inich Kan Balam II  (Serpent Jaguar II, qui régna de 684 à 702). La plupart des temples étaient entièrement peints en rouge, couleur d’éternité pour les Mayas.

Le Temple de la Croix Foliée

Le temple du Soleil 

Et le gigantesque Temple de la Croix.  

Il présente encore sa « cresteria », la crête ajourée et décorée qui couronnait généralement tous les temples mayas.

Allez à l’assaut !

On s’approche du temple au sommet de la pyramide

Le panneau principal commémore l’ascension au trône de Serpent Jaguar II (à droite) : il montre l’arbre cosmique, avec ses branches qui pointent vers les directions cardinales, croissant au centre du monde, prenant racine dans l’inframonde (masque du monstre de la Terre, en bas) et portant à son sommet Itzan Yeh, l’oiseau céleste.

A gauche, c’est Pakal revêtu de ses atours funéraires (il porte dans les cheveux le lys d’eau du royaume des morts) : il est représenté plus petit que son fils ,qui est désormais le souverain en place.

De chaque côté de l’entrée, deux pierres taillées qui représentent deux hommes richement vêtus :  

Serpent Jaguar II (Chan Balam II), richement vêtu.

face à un dieu de l’inframonde courbé par l’âge, fumant le cigare

La vue du sommet du temple de la Croix est à couper le souffle. De gauche à droite : le Temple du Soleil, le Temple XIV, et le Palais

Et maintenant direction le Temple de la Croix Foliée

Dans le temple, un panneau sculpté

Montrant un plant de maïs considéré comme l’axe du monde, poussant de l’inframonde (masque du monstre de la terre) vers le ciel (oiseau). Chargée d’éléments symboliques, la plante de vie porte, à ses extrémités, des têtes humaines : cela doit rappeler qu’aux origines du monde, l’homme fut pétri dans le maïs, dont il fit ensuite son aliment principal.
Représenté à droite, Pakal transmet à son fils (à gauche) l’instrument destiné à effectuer l’auto-sacrifice pénien, devoir royal destiné à fertiliser rituellement l’Univers. ouille ouille ouille !

Le Temple de la Croix en impose vu d’ici!

Allez on redescend !

Direction le Temple du Soleil

À l’intérieur, il y a un sanctuaire avec le Tablero del Sol, qui commémore, entre autres événements, la naissance (635 après JC) et l’ascension au trône (684 après JC) du señor Serpent-Jaguar II face à son géniteur, feu Pakal.
Les deux participent à un acte rituel qui a pour centre un bouclier solaire avec des attributs de jaguar. La scène centrale est soutenue par deux aspects
différent : le Seigneur de l’Inframonde face à un groupe qui contient des symboles de la Terre et du Dieu Solaire.

Les enfants du Soleil avec leur Madre

On s’en est mis plein les yeux !!!! Merci Palenque 🙏

A sa fondation le nom donné cette « Cité de Pierre » était « Lakam Ha' », qui signifie « le lieu des  Grandes Eaux » en référence aux nombreuses sources et cascades que l’on peut y trouver.

L’Aqueduc : de trois mètres de haut, permettait de canaliser les crues du ruisseau « Otolum » et aussi de lui faire traverser la cité le long du Palais,  complété d’un pont de pierre  dénommé  « le bain de la Reine ».

Après 799, on perd toute trace de la dynastie,la ville commença son déclin (bien avant l’arrivée des conquistadores). Plus aucune nouvelle construction ne fut entreprise dans le centre cérémoniel. Les lieux abandonnés petit à petit, furent dévorés par la jungle.

Au retour, sur le parking (gardé par un señor), on achète des mangues, une coco, plus quelques victuailles achetées au feeling (et à l’odorat) pour compléter le pique nique.

On rentre à l’hôtel pour se reposer un peu, et les enfants ont droit à une baignade dans la piscine.

Puis on repart en ville récupérer notre lessive et acheter des tongs à Glück. Les enfants ont très faim. On finit par sortir manger mais notre pote allemand est fermé. On se trouve un autre petit restau abordable à peine plus loin dans la rue

On y boit nos meilleurs margaritas depuis le début du séjour !

et on y mange plutôt bien

Sauf que Glück doit rentrer en catastrophe avec Alex qui ne se sent pas très bien.

On se couche tôt car demain, on doit se lever à l’aube ; notre objectif : les ruines Maya de Bonampak et le Guatemala

En video :

Pause et préparatifs dans la ville de Palenque

Samedi 14 avril 2018 :
Après une route longue et éprouvante,

On arrive en fin de journée à Palenque, à l’Hotel Cañada Internacional, très sympa.

On s’y installe puis on ressort à pied pour le repas. On se trouve un resto tout proche, le Saraguatos

On y a un très bon accueil du patron, un allemand  sympa comme tout avec nos enfants. Il est installé ici depuis plusieurs années, avec sa femme mexicaine.

Les plats sont très bons et l’ambiance détendue

Pendant la nuit, un énorme orage avec grosses pluies s’abat sur notre hôtel; on ne dort pas très bien !

Le lendemain, du coup on se lève tard car on a besoin de récupérer. La météo est mauvaise. On va petit déjeuner à la cafétéria voisine, où on est censés avoir des avantages en tant que client de l’hôtel (qui ne fait pas de restauration) : c’est vraiment nul. Heureusement des musiciens de passage nous ferons passer un bon moment, bien que le gérant revêche ait tenté de les éloigner  Lui, il ne nous reverra pas !

On apprécie la musique.

Pero para la comida, les quantités sont un peu légères pour notre Lolo gourmand!

On fait une mini-promenade pour acheter des victuailles et pour défouler les marmailles.

Dame Glück a depuis longtemps une idée en tête : montrer à Glück les différentes propositions d’excursions. Avec notamment un objectif secret : réussir à se rendre au Guatemala pour découvrir un lieu qui le fait rêver depuis très longtemps : la cité perdue de Tikal. Elle a beaucoup lu sur le sujet et a une idée en tête : réussir à trouver un bus jusque la Cité de Bonampak et traverser la frontière Corozal.

Glück est excité comme une puce : Tikal est difficilement accessible, en pleine jungle, dans un pays réputé dangereux. Mais est ce raisonnable de s’y rendre en famille ?

Cécile nous trouve une agence qui se dit prête à nous y conduire en 3 jours aller-retour. Elle se charge des transports et des formalités d’entrée sur les sites mais on garde une grande autonomie pour le reste

C’est bien tentant !

On rentre se reposer à l’hôtel. Il nous faut y réfléchir…

Journée coocooning : paperasses pour nous et devoirs pour les petits

En fin d’après-midi, un bon plouf dans la piscine

En video :

 

Et dès que la nuit est tombée, on retourne dans le bon restau de la veille

Toujours aussi sympa. On se prend des caipirhina.
On y fait la connaissance de Camille et Nicolas, un chouette couple originaire de Périgueux, qui reviennent du Guatemala. On parle de Tikal, du Mexique, des voyages. Ils partent demain pour San Cristobal de las Casas, les veinards! Grace à leur retour d’expérience de quelques jours auparavant , la conversation achève de nous enlever nos dernières hésitations ; c’est décidé, on ira à Tikal ! Merci à eux !!!
Elle est infirmière en pédiatrie et à un super contact avec les enfants (et pourtant ils ne sont pas  particulièrement faciles ce soir)
Concours de grimaces !!!!

Les enfants sont hilares

En video

Le lendemain, lundi 16 avril 2018

On ne prendra pas le petit déjeuner à l’horrible  cafétéria de la veille. On va à pied au centre ville car on s’est décidé à réserver l’excursion vers le Guatemala. On en profitera pour s’y acheter de quoi manger.
On passe par la lavanderia car tout notre linge est sale, normal avec cette chaleur tropicale ; bonheur: ils peuvent le laver pour le soir même!

On va ensuite à l’agence réserver notre périple pour Tikal; ils nous avaient proposé de tout gérer par téléphone de notre hôtel, mais on préfère se rendre sur place car on ne voulait pas se lancer dans cette aventure sans avoir évalué le sérieux de la compagnie.

Ça semble OK. On fait affaire après une longue négociation ; En fait, ils souhaitaient remanier le programme pour nous grouper avec d’autres, faire moins de transports pour eux , passer par un autre chemin et regrouper les visites, mais pour nous ça rendait les choses vraiment beaucoup moins agréables ! Donc on ne  transige pas sur le programme qu’on voulait, en particulier le passage par la Frontera Corozal, qu’on nous a dit plus sûre que le Frontera du côté Ceibo, même si on devra faire plus d’heures de route. On maintient également de visiter  Bonampak à l’aller / Yaxchilan au  retour car ils voulaient nous grouper les 2 sites le premier jour et faire uniquement le retour de Flores pour le J3. Mais nous, on n’a pas envie de faire une journée ultra chargée en bâclant ces sites exceptionnels et en arrivant  de nuit au Guatemala le premier jour,  puis de faire une journée morte avec que de la route le dernier. Donc on fait maintenir le programme initial. Ça nous coûte tout de même 16500 pesos ! Le prix de la sécurité (à priori).
On sort de là heureux comme tout! c’est vraiment un rêve qu on n’espérait pas pouvoir réaliser qui est en train de se concrétiser !

Puis on passe à la pharmacie chercher des antipyrétiques (au cas où…) et … des helados (des glaces) ! Ben oui, ici dans les pharmacies on vend aussi des glaces !

A déguster au Parque Central.

Comme seuls les enfants ont mangé, on essaie de se trouver un petit restau à desayuno (pour le petit déjeuner) sur la place, mais la serveuse est tellement mal-aimable qu on’décide de quitter la table et on va s’acheter de quoi manger à l’oxo !!!

Glück s’achète un Sombrero Tombstone chez une vieille marchande sympa comme tout;

On repasse par l’hôtel confirmer qu on réserve bien une chambre pour notre retour du Guatemala, et remplir nos bouteilles d eau à la fontaine

Il est déjà presque midi et on a un objectif majeur aujourd’hui : visiter la fabuleuse Cité de Palenque

En video

3 états du Mexique : Du Campeche au Chiapas en passant par le Tabasco

Samedi 14 avril 2018
14h00 : de Edzna, on a encore une longue route jusqu’à Palenque et ce sera éprouvant!

Tiens, une anecdote.  C’était il y a 2 semaines. Dialogue avec Didier. Alors Dame Glück pose une question :
–  Et le Chiapas, ça a l’air d’être bien sympa. C’est sécurisé. Pas trop risqué ? ça vaut le coup ?
– Ouais , c’est plutôt beau. C’est pas dangereux. Bon, une fois sur la route, on s’était fait braquer avec par un type avec un flingue. Mais juste une fois. Bon, on a redémarré et on a accéléré. Rien de bien grave quoi ! (c’était au fin fond du Chiapas vers San Cristobal de las Casas)
– Ah ouais quand même !!! Et Palenque ?
– Oui, Palenque c’est vraiment magnifique. Mais bon, non, la route est vraimmeeent trooop loooongue !!!!
Avec la mine de Galabru quand il parle  « du Nooooord  »
Ah , sacré Didier tu nous auras bien fait rigoler.
Et Marie Hélène : « Tranquille Didier. Tranquille. ça va aller »

Bon donc on sait à quoi s’attendre aujourd’hui. Vamos !!!

D’autres font la route dans des conditions bien pires que nous.

Blague à 2 balles : qu’est qu’on pose en premier quand on s’assoit ?
Son…

Des gamelles ou des bidons ?

Les topes
ça abîme les caisses

La route sera vraiment longue pour certains

Dommage que cette si jolie mer soit aussi si polluée par les usines pétrolières de la région

ça c’est de la langouste !

On traverse la frontière avec le Tabasco sans encombre

Puis l’impressionnant poste de frontière en arrivant au Chiapas ; Là, ça rigole moins …

Bon on est passés sans le moindre souci. Chiapas nous voilà !

Arrivée en fin de journée à Palenque

Edzná : Seuls dans le Monde Perdu Maya

Samedi 14 avril 2018 :
Après un solide petit déjeuner au Francis Drake de Campeche, on prend la route pour Palenque. Mais d’abord on fait un  crochet  par une petite route pleine de topes en direction du site d’Edzna, ce qui signifie «la maison des Itzáes »

En video :

Le site, en pleine jungle, est sauvage

Pas un chat…

Mais que fait Victor  ?

Ben il n’a même pas peur. Tout comme Loïc il court directement vers ce puits sans fond (chultune) histoire de tomber dedans ? Dame Glück est obligée de les recadrer.

La cité d’Edzná, avait l’un des système hydraulique les plus avancés des villes mayas, avec des réseaux souterrains ingénieux pour capturer et retenir l’eau de pluie, ce qui a facilité l’irrigation et l’entretien d’une population de plus de 25 000 habitants. Ce réseau de canaux drainait la vallée et l’eau était amenée vers un lagon, transformé en barrage, par des murs de soutènement. Tandis que d’autres canaux servaient à irriguer les champs. Cela a favorisé un degré d’humidité optimal dans la terre, pour une culture intensive, tandis que les canaux ont permis de développer la pêche, en plus d’être utilisés comme moyen de communication.

Tiens voilà  un passage secret…

…vers les mystérieuses cités de pierre

De l’autre côté on arrive sur un sacbé (ancienne route commerciale  maya). Le site est sauvage, désert mais très bien entretenu

Au bout du sacbe : une volée de marches

c’est raide

Et du haut des escaliers, c’est juste fantastique !!!

On arrive sur une sorte d’impressionnant plateau rectangulaire, la Gran Acropolis, qui regroupe 5 constructions à 360° degrés, et en face l’edificio des Los Cinco Pisos

C’est un temple haut de 31,5 m d‘une grande majesté architecturale, avec ses 30 chambres réparties sur ses 5 niveaux. (interdiction d’y monter)

Ce temple-palais contient une série de glyphes sculptés qui racontent des événements importants de l’histoire d’Edzná. 

Et si on montait encore plus haut : au sommet de l’un des temples de l’Acropole ?

D’en haut on voit bien les structures monumentales de cette énigmatique acropole.

Au pied de cette grande pyramide il y a un glyphe daté de l’an 652 après JC (mais les périodes de construction se prolongèrent jusqu’au XIVe siècle après JC). Ses 27 habitations ont toutes leurs façades orientées plein ouest avec certaines ouvertures voûtées (ce qui est rare dans la technique maya). Sur les autres faces du bâtiments, seul le premier niveau du côté nord a été partiellement exploré ; le reste est encore enfoui sous la jungle. 

Allez on monte sur l’autre pyramide !

Quand on tape dans nos main la pyramide nous répond avec le cri de l’oiseau.

Le plan de la cité :

On traverse une immense pelouse,appelée plaza grande, bordée par la Casa Grande, des gradins de 135 mètres de longueur. Allez on y monte !  Nohochná était dédiée aux tâches administratives

On peut y admirer tout le site. On a le Templo Sur et le Juego de Pelota à droite, la Plataforma de los Cuchillos qui part sur la gauche, et en face, l’ensemble des pyramides de l’acropole entourant Los Cincos Pisos.

El Templo de Mascarones. Un escalier avec…

Des glyphes et des statues partout. C’étaient des artistes, ces guerriers sanguinaires !

avec ses 2 superbes masques en stuc de la divinité solaire Kinich Ahau reconnaissable à son strabisme (soleil levant- soleil couchant), à sa dent limée et au piercing de sa cloison nasale

Le jeu de pelote

Edzná a commencé à décliner progressivement, jusqu’à son abandon total en 1450 après JC

Dans une palapa des stèles anciennes sont exposées

L’une d’elles montre la défaite d’un ennemi humilié et dans une posture délicate sous les pieds de son ravisseur aux sandales ornées.
Les hiéroglyphes ont pu être déchiffrés et précisent que la scène représentée  date de 790 après JC et correspond à un rituel d’ «attachement de pierre» (utz’apaw tuunil). On a pu reconstituer le nom propre de ce personnage, écrit phonétiquement « Chowa » suivie du titre « B’aahkab.  » (à la tête de la terre), reliant en même temps le concept religieux des divinités soutenu par les sentiers du cosmos avec celui de l’organisation politique de la région d’Edzná

Cette autre stèle est le portrait d’une femme qui a gouverné Edzná à la fin du VIIe siècle après JC. Elle est assise sur un trône recouvert d’une fourrure en peau de jaguar et elle porte une grande coiffe et des bijoux typiques de son rang. Elle porte le titre royal – Kal’omte ‘, qui dans des endroits comme Calakmul et Tikal est réservé exclusivement aux individus qui détenaient la plus haute place dans la  hiérarchie politique et militaire. Cela confirmerait l’hypothèse selon laquelle Edzna était une capitale régionale – du moins pour ce moment historique.

Le texte glyphique est daté 6 Kib’ 18 Yaxk’in (19 Yaxk’in au Petén), correspondant a la cuenta larga 9.11.4.14.16 ( soit le 16 juillet 657 après JC) et fait apparemment référence à un événement où cette dame aurait été «parée» pour participer à un rituel de montée sur le trône d’Edzná (nahway flx} k an? Ajaw Ixb ‘ak’Ixk’ ik’is). De références supplémentaires, nous savons que cette femme, avait pour nom pourrait être partiellement traduit par « La Dame divine ou la Dame de Sang ». Elle appartenait sans aucun doute à la plus haute hiérarchie féminine d’Edzná

Edzna vue du ciel :

Découvert en 1907 et après de nombreuses restaurations, ce site archéologique à été ouvert au public. C’est aujourd’hui un lieu touristique peu fréquenté de la région et donc bien moins connu que Chichen Itza.

Découvrir les ruines d’Edzná est une aventure incroyable : des vestiges mayas bien restaurés dans une nature intacte. Un lieu magique chargé d’histoire. C’est vraiment le pied de partir à la rencontre de cette ancienne civilisation !

Il est 14h00. On pique nique dans la voiture car ici il n’y a rien ni personne. On est loin de tout. On a encore une longue route jusqu’à Palenque et ce sera éprouvant!

En video :

Campeche, la ville coloniale fortifiée

Jeudi 12 avril 2018 : Après une journée riche en émotions nous arrivons à Campeche un peu avant le coucher du soleil, vers 19h20.

Et Ryme nous a trouvé une adresse au petits oignons pour y séjourner en plein cœur de la vieille ville.

Après s’être installés, on ressort manger. Et on va très vite tomber sous le charme de cette ville (300 000 hab ?) qui ne devait être qu’une étape et dont on n’attendait pas vraiment grand chose!

Campeche est une cité coloniale dont le cœur est entouré de remparts depuis le XVIIe siècle pour se protéger des nombreux pirates des Caraïbes. Mais maintenant les pirates y roulent en Chevrolet Camaro Noire !

Sous la surveillance des policiers et leur géniale petite voiture électrique  Renault Twizy encore plus petite que la non moins géniale Renault Twingo !

Partout de vieilles églises et de vieux monastères

Et ici dans les bars de flibustier les cocktails sont explosifs !

En fait le cloître c’est aussi une salle de théâtre parfois ou l’inverse…

Partout des bâtiments de l’époque coloniale

L’école de danse est stylée

Es la hora para comer en la calle !!!

Fajitas y guacamol !

Une fois l’estomac contenté, rentrons à l’hôtel :

C’est la grande classe!!!

Le lendemain, copieux petit déjeuner

le dieu soleil brille sur notre hôtel le Francis Drake. Nom d’un fameux pirate qui pilla la ville dès le XVIe siècle.

Nous partons à pied à la découverte de la vieille ville, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

En video

Glück passe devant chez son pote radiologue

De jolies églises

Victor tombe nez à nez avec l’Ex Templo de San José

L’intérieur très sobre, a été aménagé en marché artisanal ; Dame Gluck a un peu de mal avec le concept ….

On est mieux dehors !

C’est une jolie ville aux façades colorées aux tons pastels et bien rénovées, avec ses rues en damier

Les chocolatiers ne sont jamais loin de nous ici au Mexique 😉

Un bolide du siècle précédent…

et un bolide de ce siècle

Y-a-t-il de l’eau dans ton puits ?

La population mexicaine dans toute sa mixité

Un poster d’un lieu mythique perdu dans la jungle à la frontière du Guatemala : Calakmul

Aurons-nous un jour la chance de pouvoir y aller ?

Les remparts

Campeche constituait le port principal de la région pour les conquistadores avec notamment l’exportation de bois de Campeche (un petit arbuste dont la sève était utilisée en teinturerie : couleur rouge et noir), de cire, de miel, de tubercules et de sel.
Mais le monopole commercial imposé par l’Espagne à ses colonies a pour conséquence le développement la contrebande et de la piraterie.

« Ils me cassent les oreilles mes petits frères »

Plaza de la Independencia plutôt appelé Zocalo

Pauvres pigeons !

Catedral de Nuestra Señora de la Purísima Concepción

Au pied des remparts, une maquette de la vieille ville

Vamos a la playa ?

La mer est magnifique ici mais les raffineries au sud-ouest la polluent sans que personne n’ose s’opposer à la toute puissante Pemex.

Apero Tiempo !

On trouve encore un super resto

Y siesta al hotel

On ressort en fin de journée pour se balader un peu. Malheureusement la forteresse Baluarte de San Carlos vient de fermer !

L’ambiance est festive, il y a un concert de rue et la foule danse, on sent la population  pleine de joie de vivre.

Campeche la noche :

 

Le groupe brésilien met le feu dans la rue !

On passe acheter à l’Oxxo de quoi se faire un pique-nique à la chambre, Victor s’est endormi en route et il faut (encore) le porter. On grignote dans la chambre et on trie quelques photos avant de passer cette dernière nuit à Campeche


Même au paradis, la pollution pose problème

Les mexicains sont des gens extrêmement accueillants, avec un sens de la famille et de l’amitié assez incroyable. C’est une des caractéristiques que l’on a ressentie souvent dans les pays latinos et qu’on ne retrouve pas toujours ailleurs.

Le Mexique, avec ses paysages à couper le souffle et sa culture ancestrale, est pour nous un des plus bel endroit au monde.

Mais malheureusement, il y existe de nombreuses inégalités sociales avec un niveau de pauvreté important dans les régions reculées.

Et ici pas d’organisation de ramassage des ordures.

Voici par exemple le bureau en palapa du gardien de l’un des sites historiques maya de la Ruta Puuc. De nombreux détritus jonchent le sol tout autour.

Les gens manquent de moyens pour stocker et éliminer leurs déchets.

Un peu plus loin en direction de Palenque, la route passe sous une jolie arche

Mais si on regarde d’un peu plus près…

on voit sans avoir besoin de chercher bien loin des détritus le long de la route

C’est le même constat sur des kilomètres à travers la jungle

Quelques panneaux de fortunes fabriqués par les locaux essaient de sensibiliser et d’éduquer les indélicats de passage (et croyez nous les touristes ne sommes pas les derniers à mal se comporter ici).

Voilà entre autres  pourquoi l’eau du robinet n’est plus potable dans la région.

Il y a aussi des feux de forêt un peu partout

La fumée encercle parfois complètement les routes

Culture sur brûlis  ? Feu accidentel ou volontaire ?

Paysage désolé de forêts brûlées

En video :

Au milieu de cela notre voiture bipe : le niveau du réservoir d’essence de notre auto flirte avec le zéro.  Mapsme et Google Map nous indiquent une pompe à 30 km ça nous fait un crochet mais on y va, on n’a pas le choix.

Et quand on y arrive : rien, nada, que dalle… pas une station essence ici. Il faut donc qu’on rebrousse chemin vers le village le plus proche en direction de Campeche.

On est tous très tendus, aucune envie de tomber en panne sèche a milieu de nulle part ! Les enfants sont difficiles et notre patience diminue. On est à 2 doigts de la grosse dispute familiale. Et oui, ces moments là aussi font partie de l’aventure, car des problèmes apparemment simples peuvent avec la fatigue et la promiscuité permanente prendre parfois des proportions plus importantes que dans notre cadre de vie habituel.

La Ruta Puuc : Sayil et son palais rose

12 avril 2018 : après Labna et Kabah, nous nous mettons en route direction le site de Sayil.

Le parking est désert. Personne à la guitoune du gardien non plus. On est encore une fois seuls au monde.

Sayil, située dans une vallée, a été créée  au XIIIe siècle. Il s’agissait d’une cité secondaire de 10 000 habitants, sous l’hégémonie d’Uxmal. L‘irrigation des terres agricoles se faisait par un astucieux système de chtulunes (citernes) indispensables dans une région au sous-sol poreux et dépourvue de cours d’eau.

Une magnifique stèle se dresse à l’entrée

Sayil a commencé à décroitre vers l’an 950 après JC.  et a été abandonnée 50 ans plus tard suivant un modèle de déclin rapide, caractéristique de la région de Puuc. 

Le site est encore plus sauvage que tous les autres de la Ruta Puuc et nous marchons ici en pleine jungle.

Rapidement au milieu des arbres se dresse devant nous un énorme bâtiment à moitié enseveli sous la terre et la végétation

Et si on en faisait le tour ?

De l’autre côté on découvre son énorme façade restaurée : El Palacio (Norte), de couleur rose. Colossal !!!

Encore un monument improbable en pleine jungle!

Ce palais long de 85 m et est construit sur une plate-forme à double terrasse, ce qui donne l’impression que le bâtiment a trois étages. 

Ses 90 pièces  pouvaient loger 350 personnes ,alimentées en eau par 8 chtulunes

Les Glücks seuls au monde

En vidéo :

On emprunte un sacbe à travers la forêt, qui nous amène à un bâtiment en ruine appelé El Mirador , un temple pyramidal semi-dégagé sur un fronton à claires-voies

Et on tombe nez à nez avec le phallique dieu de la fertilité  Yum Keep,  de forte constitution 😉

Sur le chemin du Palacio on remarque ces arbres qui nous envoient de la neige.

Ces flocons qui tombe sur nous : c’est du coton !!!

Le cotonnier est utilisé par les amérindiens depuis 7000 ans

Malheureusement, il faut qu’on quitte les lieux. On n’aura pas le temps de visiter le site de Xlapak car il nous reste encore pas mal de route pour atteindre notre destination du soir : la ville de Campèche

La Ruta Puuc : Labná, la vieille cité abandonnée

jeudi 12 avril 2018 :  De Kabah nous roulons 18 km à travers la jungle sur la Ruta Puuc pour atteindre la zone archéologique  de Labná

Labná est encore plus isolée que les autres ruines maya de la Ruta Puuc.

Voici le bureau des entrées. On s’écarte de plus en plus du tourisme de masse…

En video :

L’arbre de Tarzan est là pour accueillir nos zigotos.

Labná signifie vieille ruine abandonnée

Une date correspondant à 862 est inscrite dans le palais aux 67 pièces et 7 patios sur 2 étages. Cette cité construite en 750 comptait 3000 habitants.

Même si le site n’est pas complètement restauré les bâtiments sont quand même bien conservés. Et le côté sauvage et isolé a un charme fou…

Stucs ouvragés, colonnes et masques de Chaac

On est tout seuls au milieu de ces ruines millénaires imposantes, perdues dans la jungle

On emprunte ensuite un large sacbé

qui nous mène à une pyramide en partie effondrée surmontée de son temple (appelé El Mirador)

et à un insolite Arco Monumental à fausse voûte

Les enfants sont comme chez eux. Encore un endroit magique pour nos marmaillons

On décide de s’enfoncer un peu plus loin dans la forêt

Mais c’est un cul de sac

On revient donc par le même sacbé

 

C’est l’heure d’un mini pique-nique improvisé.

Ce site de taille humaine est un vrai coup de cœur pour nous (que de bonnes surprises au Mexique !!!)

On se remet en route direction Sayil

La Ruta Puuc : Kabah la Cité Ciselée

12 avril 2018 : Après une dernière session piscine à l’hôtel, nous quittons Uxmal vers les autres sites archéologiques Mayas de la Ruta Puuc. Nous avons droit à une grande scène de Loïc au moment du départ… il serait bien resté plus longtemps à chahuter dans la piscine le diablotin

On passe à côté de Santa Elena, unique petit village du coin, isolé dans la jungle et vivant principalement de l’agriculture (maïs, haricots, cacahuètes, courges, piments,…)

La vie ici est aussi centrée sur les vestiges archéologiques de la civilisation maya de grande importance comme Uxmal, Kabah, Sayil, Xlapak et Labná, et d’autres sites comme Nohpat, Xcoch et Mulchic qui n’ont pas été restaurés et qui appartiennent tous au style  Puuc

Nous voici dans la zone archéologique de Kabah (la main qui cisèle). Le parking est minuscule; on est loin du tourisme de masse de Chichén Itzá . Le gardien et sa famille vivent dans ces Palapas qui servent également de bureau d’entrée pour les rares touristes de passage comme nous.

On part découvrir le «Codz Poop» (Palais des Masques) et El Palacio

Kabah est le second plus grand site archéologique de la région après Uxmal. Des ruines de temples plutôt bien conservées

En video :

 

La majorité des bâtiments visibles a été construit entre le VIIe et le XIe siècle. Kabah a compté jusqu’à 10 000 habitants et était un important centre administratif, agricole et commercial. Comme beaucoup de cités antiques mayas elle a été mystérieusement abandonnée bien avant l’arrivée des conquistadors espagnols.

On arrive à l’autel des glyphes aux pierres sculptées sur 4 faces

Puuc ce mot Maya signifie collines et correspondant également au style architectural de cette région.

Kabah avec ses 250 masques de Chaac

Les masques de pierre du dieu Chaac (dieu de la pluie « le protecteur des récoltes ») avaient tous un nez crochu. Mais un seul  nez est encore intact

Ici pas de cénotes : pas d’eau dans les sous-sols. D’où l’importance du Dieu de la pluie. Les habitants construisaient donc des citernes souterraines (chultun) et priaient Chaac pour que l’eau tombe du ciel.

Le site est coupé en 2 par la route moderne que l’on traverse pour rejoindre…

Cette arche monumentale (arco monumental) est le point de départ d’un Sacbé antique (route blanche) de 18 km de long et 5 mètres de large mène à Uxmal.

Une grande partie des vestiges de la cité n’a pas encore été restaurée  comme la Grande Pyramide qui est désormais recouverte par la jungle. Nous sommes au pays des pyramides enfouies (les fameuses collines)

Ola el iguana !

Vamos on reprend la voiture et on continue quelques km sur la Ruta Puuc direction Labna