Tikal, le cri du Quetzal dans la jungle du Guatemala. Le rêve de Glück

Mercredi 18 avril 2018, Flores, Guatemala

Ce matin, réveil tôt pour prendre le petit déjeuner. A 8h00, Ohzora, notre chauffeur de la veille vient nous chercher avec sa voiture.
Une route bien carrossable longe d’abord le lac Petén Itzá.
Ohzora nous explique que dans ce lac vit un crocodile géant. Il nous dit : « mira ! » (regardez).
Et il nous explique que c’est la montagne avoisinante qui a la silhouette d’un crocodile 😉 mais qu’il y a quand même des crocodiles dans les eaux du lac.

Il nous montre ces petites montagnes. En fait ce sont d’anciennes pyramides mayas recouvertes par la végétations.

Au moins vingt-sept sites liés à la civilisation maya ont été découverts sur ses rives

Progressivement la route (très bonne , ça change !) s’enfonce  dans la jungle.
Elle est toute droite et non pas serpigineuse 🙂
Mais attention aux serpents !!!

Attention aussi aux dindons!

Ah bah en voilà 1

Attention aux coatis !

Ah bah en voilà 2

Attention aux jaguars !… Bah, ils ne sont pas de sortie, on est un peu déçus 😉

Nous voici arrivés. Ohzora nous laisse ici

On passe à côté d’une mare. Attention aux crocodiles !

Nous commençons la visite avec un guide, Carlos, et il est top. Il y a aussi 2 familles avec nous pour le début de la visite.

On passe à côté d’une des nombreuses pyramides encore recouvertes par la jungle.

Le ceiba, l’arbre sacré maya. Carlos nous explique que ses racines sont à angle droit, et chacune indique un des 4 points cardinaux (directions Nord-Sud-Est-Ouest), les branches du haut le ciel, les racines l’inframonde. Il y a des similitudes entre les croyances catholique et maya : dans les villages de la région un ceiba est planté à côté de chaque église et reproduit le signe de croix version naturelle.

On s’enfonce à pied dans la forêt

Aucun des arbres que nous voyons n’y était au temps de la vie à Tikal

Des stèles et d’autres pyramides recouvertes par la jungle

Et la première pyramide restaurée

Nous voyons les singes araignées et nous entendons les singes hurleurs ( mais nous ne les verrons pas)

Entre les arbres on aperçoit le sommet d’une pyramide.

C’est le Temple du Jaguar (Temple de Ah Cacao)

La base de cette pyramide est encore enfouie dans la terre  et recouverte d’herbe. Elle est volontairement laissée en l’état car son dégagement risquerait de saper ses fondations.

On arrive sur la place de la vieille cité. Des militaires veillent sur le site (ici El Palacio sur la place centrale)

Et les archéologues travaillent en permanence à la restauration et à l’entretien de Tikal.

En video :

Le Temple du Jaguar marquera toujours Loïc ! Et  toute la famille d’ ailleurs, même  Legoglück

Le jaguar est un animal sacré, il représente l’incarnation du soleil.

Bâti vers 734, ce temple s’élève à 47 mètres de hauteur. Il contenait à 6 mètres sous terre la chambre funéraire du roi Ah Cacao, l’un des plus grands seigneur de Tikal. La lignée dynastique de Tikal, fondée dès le 1er siècle apr. J.-C., a duré 800 ans et comporte au moins 33 rois

Lui fait face le Temple des masques (Templo de las Mascaras)

La place centrale est magnifique. On monte sur toutes les pyramides sur lesquelles on est autorisés à grimper.

Le superbe Temple du Jaguar est inaccessible car trop dangereux (escalier trop raide) et aussi pour préserver sa structure

Les enfants sont euphoriques et courent dans tous les sens : médaille d’or Alex, médaille d’argent Loïc, et médaille de bronze Victor En face : El palacio

A l’assaut du Temple des masques (Templo de las Mascaras),

Pour y grimper un escalier en bois aménagé pour préserver les marches d’origine et pour des raisons de sécurité

Quand on tape dans les mains, ici aussi l’écho reproduit le son du quetzal. D’ ailleurs c’est de là que vient le nom Tikal qui est en phonétique le cri du quetzal

Vue sur l’acropole

La cité était entièrement pavée et très colorée. Après son abandon , il y a eu beaucoup de pillages,  notamment de linteaux de bois sculptés et peints , par les explorateurs entre autres …..

La ville dominait politiquement, économiquement et militairement une grande partie de la région maya, tout en interagissant avec d’autres régions comme Teotihuacan. Il est prouvé que Tikal fut conquise par Teotihuacan au IVe siècle avec un important métissage par la suite.

Dans les cités mayas, 3 types de bâtiments : les Pyramides servaient à l’astronomie, les Temples à la prière (souvent au sommet ou sur les pentes des pyramides) et les Palacios pour loger les familles nobles.

A droite de la pyramide du jaguar El Palacio et à gauche El Acrópolis Norte

Maintenant, explorons El Palacio sud, véritable dédale de passages et d’escaliers reliant des patios. Ce terme «palais» ne renvoie pas à une fonction spécifique : ces bâtiments peuvent avoir servi de résidence royale ou avoir été le siège de services administratifs

Tikal était la capitale d’un État conquérant qui fut l’un des royaumes les plus puissants des anciens Mayas. L’architecture du site remonte jusqu’au IVe siècle av. J.-C., et Tikal atteignit son apogée au cours de la période classique entre 200 et 900 de notre ère.

On escalade l’Acropole nord et sa plate-forme de 100 m × 80 m, avec ses huit petits temples-pyramides. 

Entre 682 et 734 , la cité s étend sur 160 km2 et compte environ 50 000 habitants .

Au loin on entend le cri des singes hurleurs. C’est très impressionnant. On dirait le cri d’énormes monstres de la forêt alors qu’en réalité ces singes sont tout petits

Tikal, le «  lieu des échos », cité abandonnée à la fin du 9 ème siècle .Pourquoi :Episodes répétés de sécheresse  ? Défrichement intensif de la forêt ? Famines ? Surpopulation ? Révoltes? Guerres ? Intoxication de l’eau par le mercure de la peinture au plomb ? Tout à la fois ?  Personne ne sait vraiment la raison car des temples étaient même encore en cours de construction au moment de l’abandon.

Tikal restera enfouie sous la jungle pendant 10 siècles

On s’enfonce plus loin dans la forêt : El Mundo Perdido (Le Monde Perdu) cœur de la cité entre le IIIe et le Ve s.,

avec sa pyramide centrale de 32 m de haut ; Gran Piramide  (Templo  )V

Pour y monter il faut grimper un escalier en bois aménagé pour préserver les marches d’origine et pour des raisons de sécurité.
Elle permettait de surveiller l approche d éventuel ennemis et  servait d’observatoire astronomique. C’était le centre de la ville sous la dynastie de Patte de Jaguar
Du sommet , on a une vue à couper le souffle.

Vue sur Templo del Gran Sacerdote

Au milieu d’un parc de 576 km2, les ruines représentent 16km2 qui sont le centre de l’ancienne Tikal. Autour, il y avait les maisons plus modestes, construites en adobe, aujourd’hui disparues

Vue sur le Templo de la Serpiente Bicéfala, le plus haut de tous

 

Près de 4 000 structures ont été recensées à Tikal (acropoles, sacbés, réservoirs, pyramides, temples, plateformes)

On observe les fourmis

Et les singes nous observent

Victor s’est endormi on fait une pause bière/ jus et on se sépare du reste du groupe pour le retour.

Le temple du Serpent à deux têtes (Templo de la Serpiente Bicéfala IV),  avec ses 65 m de haut est le belvédère ultime sur Tikal et ses temples de pierre dépassant la canopée.

On y montera à tour de rôle puisque Victor dort (Glück monte avec Alex pendant que Dame Glück joue aux espions avec Loïc) puis on inverse
Du sommet vue sur :
A gauche, le Temple du Jaguar et le Temple des Masques.
A droite, le Temple III (Templo del Gran Sacerdote)

Cet autel présente le portrait sculpté de deux nobles, dont l’un est probablement Jasaw Chan K’awiil I. Ils accomplissent un rituel utilisant les os d’une femme importante.

Le Complexe des Pyramides Jumelles

El Palacio de los Murciélagos (le palais des chauves-souris) ou Palacio de las Ventanas (palais des fenêtres)

ou Palacio de los Coatis ?

 

La bien chouette Place des Sept Temples

Tikal le rêve de Glück depuis des années nous laissera un souvenir impérissable.

On se dirige vers la sortie, pile à l’heure pour le repas dans le restaurant de l’accueil. Une bonne soupe pour démarrer

Et bien sûr la cerveza pour aller avec le repas

Notre chauffeur est au poste et nous ramène à la petite ville de Flores en une heure. 

Quelques vues aériennes de Tikal :

On lui demande de nous déposer directement sur l île car il est à peine 17h et on a envie de faire un tour en bateau sur le lac 😉

en video :

Du Mexique au Guatemala en pirogue

Mardi 17 avril 2018,  Mexique. 

Il est un peu moins de midi lorsqu’on quitte en minibus la vieille cité de Bonampak direction Frontera Corozal.

En 20 minutes on arrive dans cette petite ville de 5000 habitants qui pour nous est la sortie du Mexique pour atteindre le Guatemala.

En video :

 

Première étape : la douane mexicaine (Oficina Migración. INM)

Au début, il n’y a personne puis le gars qui était dehors se décide à venir nous faire les papiers. On ne le sent pas trop celui là, hyper mielleux. Il nous annonce que pour aller au Guatemala c’est un tarif assez conséquent en pesos chacun, même pour les enfants ! Exclusivement en efectivo (en liquide). et sans reçu … Ah ouais quand même 🙁 !!! Il est gonflé celui là. Il nous dit que c’est parce qu’on est restés longtemps dans le pays. on est pas vraiment convaincus par ses explications ….

Bon bah si on veut continuer on n’a pas le choix il faut lui filer les billets. Sur le coup, on se demande s’il ne nous a pas arnaqué, mais ça fait partie du jeu … Plus tard on apprendra bien que c’était abusé . Un grand  classico.

Deuxième étape : el embarcadero
On marche ensuite jusqu’à la rivière el río Usumacinta. C’est là que nous quittons le reste du groupe. Eux poursuivent par la visite de Yaxchilan et rentrent à Palenque le soir. Nous, nous allons en direction du Guatemala !

De l’autre côté de la rivière c’est le Guatemala. Mais pas de pont pour la traverser

Alors il faut prendre la lancha (pirogue à moteur) pour longer la rivière jusqu’au village le plus proche sur l’autre berge. El Rio Usumacinta est une frontière naturelle entre le Mexique et le Guatemala. Le chauffeur de bus nous dit qu’il nous y récupèrera ici même pasado mañana (après demain)

Vamos pour 10 km de navigation

On est protégés du soleil et de la pluie par une palapa

On est au milieu de la forêt tropicale et des zones de cultures. Ici pas de quai

On navigue une vingtaine de minutes sur le fleuve, où heureusement nous ne verrons pas de crocodiles (la rivière en est pourtant infestée)

A la place des crocos, juste des dames du village voisin qui lavent leur linge. Ici pas de machine à laver.

On ne s’attendait pas à se trouver dans un lieu aussi sauvage pour franchir la frontière, c’est une belle surprise

13h30 : ça y est après une demi heure de navigation, on arrive sur la berge Guatémaltèque.

Sauf  qu’on va gagner une heure. Ici au Guatemala, il est 12h30

Bethel, un tout petit village frontière. Notre chauffeur prénommé Ohzora nous y attend avec sa voiture. Il est très sympa

On monte tous les 6 dans sa voiture

Une locale nous propose du change au black mais son taux n’est vraiment pas intéressant. Elle  démarre d’emblée en nous proposant un change où elle se met 30% de commission. Du coup, même si elle baisse ensuite ses ambitions, on n’a pas confiance et on ne fera pas affaire ensemble.

On traverse le village pour arriver à la douane Guatémaltèque (Delegacion de Migracion)

Y a pas grand monde. Juste quelques locaux. Pas un touriste. On est vraiment au bout du monde.

Et ça vaut la photo, une petite guitoune délabrée … 2 employés arrivent en même temps et se répartissent nos passeports. Ils sont sympa et accueillants et nous souhaitent la bienvenue dans leur pays.

Ici pas de bakchich ! ça fait du bien. Par contre à la différence de l’Argentine et du Chili, au Guatemala on se vouvoie : le usted/ ustedes est utilisé au lieu de tu

Le Guatemala a une réputation sulfureuse et reste un pays dangereux. Ces photos d’enfants disparus n’ont rien de rassurant. Mais on sait ce qu’on fait. On restera prudents. On a bien écouté les conseils d’autres voyageurs et des locaux.

Et là un truc énorme ! Une locale rentre et nous propose sous le nez du douanier du change de la main à la main !!!! Euh… on est mal à l’aise et on lui dit pas maintenant mais elle ne sera pas dehors à notre sortie, dommage qu’elle n’ aie pas attendu, son taux était plus raisonnable on aurait pu s’entendre.

On découvre donc la monnaie locale, le fameux quetzal, comme l’oiseau !

Au passage, on a gagné une heure et on s attend à arriver tôt à Florès, notre destination.

Un peu moins de 100 km, on se dit une heure voire 2. On demande au chauffeur et là, on apprend qu il va nous falloir 4 heures !!! On comprend vite pourquoi, c est de la piste défoncée, on roule max à 25 km/h

On quitte peu à peu la jungle pour traverser les régions agricoles

Il est déjà 14h00 et nous avons quitté Palenque ce matin à 5h30. Longue et riche journée. Même nos énergiques garnements sont au bout du rouleau

Notre conductor Ohzora, malgré la route défoncée, conduit bien et prudemment. 

Des feux de brousse ou des cultures sur brûlis

Le Guatemala est un des pays les plus pauvres d’Amérique Centrale

La religion y a une part importante. Partout des églises évangélistes

Pendant tout ce temps nous ne croiserons quasiment aucun autre véhicule

On traverse le premier village

et les églises colorées sont partout

La route magnifique, des petites maisons simples mais d’un beau vert et bleu, très typique. Dame Glück se sent vraiment dépaysée et inspirée par l’endroit

On traverse notre première petite ville du Guatemala

Glück est beaucoup moins séduit et ressent la pauvreté voire même la misère. On croise beaucoup d’enfants mais…

Ohzora nous explique qu’ici les enfants vont à l’école le matin mais l’après midi ils travaillent avec leurs familles dans les champs ou dans les petits commerces.

Culture numéro 1 ici : le maïs

San Francisco mais sans son Golden Gate

Oups là c’était pas le moment de faire une photo Mr Glück !!! des militaires en ligne de mire !!! la gaffe !!! On dirait qu il le fait exprès :- D Ils nous regardent d’un oeil noir mais ils nous laissent passer. Ohzora nous dit de faire plus attention. Ici les militaires ne plaisantent pas !

bus scolaire

bétaillère

Papayes

El Fuego. cela vient d’un puits de pétrole. ici il y a des gisements

trabajo ?

siesta ?

le bois une ressource très prisée ici…

mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne…

et encore des militaires

Après 4 heures de route on arrive à notre destination: la ville de Florès

avec ses mini taxis

On arrive à notre hôtel vers 16h30 

Quelle journée !!!

Petite pause avant de visiter la vielle ville de Florès au coucher du soleil :une presqu’île au milieu d’un lac.

En video

 

Bonampak la vieille cité peinte

Vendredi 17 avril 2018 :
Palenque, Mexique. Lever 5h30. ça pique!
On laisse notre voiture à l’hôtel car on va voyager en combi. Il fait encore nuit à 6h00 quand on monte dans un mini-bus en bas de l’hôtel. Une longue journée nous attend, ce soir on sera loin d’ici; destination : le Guatemala

En video:

Le jour et la brume se lèvent peu à peu sur les montagnes.
Voyager ici au Chiapas n’est pas simple en voiture individuelle : routes en piteux état, isolement, et surtout bloqueos (barrages) : souvent des communautés autonomes (ou non) imposent une petite taxe de passage (illégale). Ce sont des villageois ou fonctionnaires s’opposant à des décisions locales, ou dont salaire n’a pas été payé, voire parfois c’est du simple racket. Donc voyager en combi c’est plus sûr car la négociation a été faite en amont par la compagnie.

On est un peu tassés les uns sur les autres avec d’autres familles mexicaines. Même pour notre Loïc matinal le réveil est laborieux. Il est difficile, il chouine, il fait la porte qui couine, ça commence fort !

La route est défoncée, bourrée de topes (dos d’ânes) que notre chauffeur prend brutalement.  ça casse les reins

On s’enfonce au Sud Ouest du Chiapas. C’est un état mexicain pauvre mais  magnifique, rude, mi-montagneux, mi-tropical. Les habitants sont majoritairement d’origine amérindienne , descendant des Mayas d’ethnies différentes (Tzeltales, Tzotziles, Choles, Zoques…) parlant des langues différentes et ne maîtrisant pas tous l’espagnol.

Au bout d’une heure et demie, on fait un arrêt pour le desayuno.

Au menu : riz omelette et haricots noirs, c’est un peu rude pour nous à cette heure matinale. Heureusement il y a un peu de pain et de beurre rance avec quelques fruits. Les enfants ne mangeront pratiquement rien.

Notre minibus combo Kichan Bajlum nous attend

Et c’est reparti. On reprend la route pleine de topes

On s’approche du Guatemala mais notre route perdue dans la jungle ne permet pas de s’y rendre : elle longe la frontière; d’abord le fleuve puis « la ligne droite » au milieu de la jungle et surtout au milieu de nulle part. Cette route récente a été créée avant tout pour surveiller le trafic de drogue et l’agitation révolutionnaire locale. Ce midi quand on ira au Guatemala, comme il n’y a pas de route pour s’y rendre, il faudra traverser le fleuve en pirogue….

Le Chiapas est une magnifique région sauvage et rurale, mais pauvre. Les paysans amérindiens minoritaires dans le pays sont majoritaires ici.
Il y a encore parfois des échauffourées entre les zapatistes (défendant les paysans amérindiens) et les groupes paramilitaires (payés par les grands propriétaires terriens).

Les négociations avec le gouvernement continuent . Les investissements étrangers arrivent peu à peu pour aider l’économie locale mais les avancées sociales sont limitées.
Les communautés mayas sont encore souvent reléguées à l’agriculture de subsistance (maïs, piments, patates douces, haricots rouges,…) alors que le Chiapas regorge de ressources naturelles (comme le pétrole) et aussi un potentiel touristique énorme mais balbutiant.

ça fait presque 4 heures qu’on roule et on n’a pas encore fait 150 km…
On passe devant « la police des chemins » 

Là, il faut laisser notre bus pour prendre une fourgonnette attitrée avec un guide. Impossible d’y aller seul. Une coopérative locale contrôle le chemin d’accès aux ruines de Bonampak par une piste forestière

Cette piste est encore plus défoncée

On roule dans la poussière 😉

Nous y voilà ! Bonampak est un peu site touristique, il n’en reste pas moins difficile d’accès et éloigné de tout.

Dans le bus on a sympathisé avec plusieurs autres personnes, dont une famille mexicaine avec une petite fille, sa maman et les grands parents, très gentils.

On commence la visite par un petit chemin au milieu d’arbres immenses. Notre guide nous explique la flore comme par exemple l’arbre maya qui pique.

Chaque picot représente l’âme d’un défunt. Selon le culte maya, l’âme s’incruste dans l’arbre par le bas et puis monte vers le ciel. Donc, les picots les plus bas sont ceux de morts récents et les plus élevés sont presque arrivés dans le paradis des dieux. Victor « Attila » s’y frottera en voulant lui faire un calin !!!

le caoutchouc…

et de nombreux arbres géants qui nous donnent le tournis

Les 2 petits (Loïc et Victor) sont surexcités et courent partout. Heureusement notre groupe a un regard très bienveillant sur eux.

« Et Maman regarde là bas une énorme pyramide de pierre ! »

La vue est saisissante : le travail des archéologues a dû être titanesque pour dégager la façade de cette pyramide qui était enfouie sous la forêt au milieu des collines.

Bonampak signifie « murs peints » en maya et fut découvert par les occidentaux assez tard (en 1946), guidés par les Mayas Lacandons qui continuaient à pratiquer, à certaines périodes, d’anciens rites mayas dans les temples.

Notre guide est un peu « rapido », il parle espagnol mais pas « despacio » du tout et on se sent un peu bousculés puis on fait un stop assez long devant le temple pour parler des fameuses peintures de Bonampak.
On comprend la moitié à peine mais c’est plutôt intéressant. La construction de la structure du site date de la fin de la période classique (580 à 800 après JC).

Il nous explique que contrairement aux historiens, le travail des archéologues est interprétatif et que les explications proposées des peintures le sont sur de fortes présomptions des connaissances qu’on a du monde maya de l’époque mais pas des vérités absolues.

On y voit des représentations de familles importantes, un lien avec la musique avec des instruments mais comme il nous dit n’ayant aucune trace audio ni de partitions, on ne sait pas du tout de quelles sonorités il s agissait.
On voit aussi les nobles qui tendent un doigt pour le percer. Un auto sacrifice pour faire couler le sang, des scènes de danse, des évocations de guerre. Et en bas, un bandeau représentant l’infra-monde. Les extraordinaires fresques écartent définitivement la réputation de pacifisme des mayas.

Victor est-t-il prêt à démarrer (comme d’habitudes) quelques bêtises ? 

Glück s’éloigne  pour s’occuper des 2 petits sur la grand place face à la pyramide, pour ne pas perturber les explications du guide.

Il y a un arbre avec des chouettes nids, habités par d’originaux oiseaux  jaunes

On avance un peu pour découvrir quelques sculptures retrouvées sur place. Selon les dires du guide, chaque sculpteur à sa « signature» propre.

Celle-ci  mesure près de 6 mètres de haut. C’est l’une des plus grandes stèles mayas connue.

Datant de 782, elle montre Chan Muan II, le dernier dirigeant de Bonampak, au sommet de sa gloire. Il est représenté en costume d’apparat sur la partie supérieure de la stèle, avec lance et bouclier porte un bâton de cérémonie, le monstre de la terre, d’où émergent les visages du jeune dieu du blé.

De nombreux glyphes laissés par le sculpteur apportent des informations sur la généalogie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et enfin , on gravit les marches pour accéder au fameux Templo de la Pinturas

Pour préserver le site un gardien surveille les lieux… enfin pour l’instant il roupille un peu avant qu’on arrive 😉

Il y a de nombreuses consignes à respecter pour préserver le site : pas de sac, pas de chapeau, pas de flash, pas de selfie, 3 personnes max à la fois par salle, etc… et maintenant le gardien est réveillé pour tout contrôler ! On y va donc à tour de rôle. Victor ce vilain en profite pour lancer un caillou à la petite fille, et se fait copieusement gronder par son papa !

La salle du milieu est la moins bien conservée (abimée par les premiers explorateurs), mais c’est magnifique, on en a des frissons

On remonte plus de douze cents ans, dans les ruines de cette cité maya, enfouie dans la jungle du Sud mexicain.
Ici est représentée une rude bataille qui eut lieu le 2 août 792 et qui s’achèvera par la défaite des ennemis, le jugement et le supplice des prisonniers.

Les ennemis vaincus ont été dépouillés de tous leurs vêtements et bijoux à l’exception d’un pagne.
Chan Muan II assiste au supplice des prisonniers, à qui on arrache les ongles ( les doigts dégoulinant de sang sur la reproduction).
Des têtes ont déjà été coupées avec le bourreau.

Il est entouré de notables, de courtisans et de femmes de la cour, tous somptueusement vêtus.

ça ne rigolait pas !

Les 2 autres salles sont encore plus impressionnantes

270 personnages et une trentaine de divinités sont représentés, ainsi que 108 hiéroglyphes.
Ces 150 m² de fresques, réalisées avec des pigments minéraux et végétaux, sont uniques dans le monde maya connu. 

L’absence de joints dans le plâtre indique que chaque pièce fut peinte d’une seule traite, pendant la courte période où le plâtre était humide. Elles portent la marque d’un maître, et de deux assistants compétents. Les trois pièces dépeignent avec beaucoup de réalisme une série d’événements. L’interprétation la plus acceptée affirme que les fresques illustrent une seule histoire qui comprend trois phase : avant, pendant et après la bataille. 

On y voit le seigneur du lieu, ses deux femmes, des enfants, des serviteurs enturbannés, des danseurs, des musiciens et des porteurs de parasols, des dignitaires aux luxueux ornements de plumes et de peaux de jaguar, des guerriers brandissant lances et casse-tête, des captifs à demi nus implorant leurs vainqueurs.

Tout au long de la scène apparaissent des personnages de haut rang qui se préparent pour l’événement

Certains personnages sont élégamment habillés avec leurs grandes coiffes de plumes Quetzal , en plus des divers éléments en jaguar et peau de serpent dans leurs costumes.

Chacune des portes de 3 salles possède un linteau sculpté d’un guerrier soumettant un captif. 

Après la victoire de la bataille, dominée par Chaan Muan II, le dernier souverain de Bonampak, se doit d’offrir son sang à son tour aux dieux dans un rite d’autosacrifice. Lors de la cérémonie il est sur son trône,  accompagné de sa femme Señora Yax T’ul (Verde Conejo ou Lapine Verte) et de mère  la Señora Escudo Cráneo (Bouclier de crâne). La famille royale  a «choisi» de faire passer une cordelette dans leur langue et de la percer pour recueillir leur sang et l’offrir aux dieux.
Sous le trône se trouve la boîte en bois que les vainqueurs ont prise comme trophée de guerre avec les objets du pouvoir.

Après avoir analysé les images infrarouges de cette scène, les glyphes “ho pi (ca) caw”.  ont été révélés.  » Cacaw  » était le terme maya classique pour les fèves de cacao et on a suggéré que le glyphe « pi » représente l’unité de 8 000 fèves. Par conséquent, s’il en est ainsi, il semble qu’il y ait eu un paiement en hommage à Chan Muwan II de 40 000 fèves de cacao , ce qui était considéré comme une grande fortune à l’époque.

Les fresques de Bonampak sont uniques. Aucun vestige maya, datant de l’apogée de cette civilisation n’atteint un tel réalisme et un tel degré de perfection technique.

Une cérémonie où le jeune fils de Chaan Muan II, futur héritier du royaume, est présenté à la noblesse par la famille régnante ; un orchestre jouant de trompettes en bois, de tambours et d’autres instruments ; des nobles discutant lors d’un débat.

Des danseurs aux costumes raffinés portant des masques représentant des dieux ;

Dans la 3eme salle, on remarque que le plâtre est à nu spécifiquement sur les visages des nobles. On se renseigne car ça nous intrigue. Et effectivement, ce n’est pas un hasard. Leurs visages d’origines n étaient pas peints mais faits de pierres précieuses et ont été pillés !

Peu après leur création et l’abandon de la cité, il y 1200 ans, de l’eau de pluie s’est introduite dans le plâtre du toit, recouvrant les peintures d’une couche de carbonate de calcium légèrement transparente qui a protégé les peintures tout ce temps (elle datent de 790-795, peu avant l’abandon de la cité).

On y retourne après le reste du groupe à contempler. Et on y est reste encore un bon moment seuls pour profiter de l’instant.

Mais on ne renonce pas pour autant à monter en haut de la pyramide voir la vue même si le guide nous speede, on est quand même pas venus pour ne voir les choses qu à moitié.

Dame Glück fait l’ascension avec Victor à bras car il rechigne le chameau!

Partout autour de nous la jungle s’étend sur des kilomètres.

Puis, on redescend tranquille

 

En trajet, la gentille famille nous offre des fruits et oreos pour les enfants. On revient à la fourgonette.

On discute avec eux et notre voisin, lui aussi mexicain et très sympa. On parle de la suite de notre projet, Calakmul et tout le reste . Ils ont l’air un peu inquiet pour nous et nous conseillent le bus. On parle sécurité. En fait selon eux, dans toute cette zone de jungle proche du Guatemala, on a autant à craindre des ennuis du côté de la police (apparemment archi-corrompue) que des narco trafiquants. Ils disent que Vera Cruz craint beaucoup mais à notre grand étonnement, México City pas trop, en tout cas, pas plus qu’une autre grande ville!

On change de transport et on reprend notre bus pour une vingtaine de minute jusqu’au village frontalier, la frontera coroza, faite naturellement par le fleuve rio… c est là que nous quittons le reste du groupe. Eux poursuivent par la visite de Yaxchilan et rentrent à Palenque le soir . Nous ce sera au retour mais pour l ‘instant , nous passons la frontière, direction le Guatemala !

Didier nous avait prévenu que l’organisation des peuple Mayas ici était très complexe gendarmes, majordomes,capitaines, anciens du village, chamans, rendent la justice en parallèle  à l’Etat Fédéral. Les communautés sont en fait commandées par le conseil des anciens. Les Chiapanecos ont toujours plus résisté au catholicisme et y ont intégré leur propre vision mystique : ils vont à l’église mais c’est pour y pratiquer leurs propres rites. Ici les prêtres ont moins de pouvoir que les prestigieux chamans  la fois guérisseurs, sorciers et devins.

En video :

Palenque, la cité perdue sous la forêt humide

Lundi 16 avril 2018 :
Après un début de matinée bien chargé, on part en voiture en direction du site archéologique de Palenque. Il est déjà midi.
On y est en une demi-heure après un bout de route montagneuse.
Les inscriptions indiquent que la ville de Lakamha’ (lieu des grandes eaux,  sans doute en raison de ses nombreuses sources et cascades) naît au IIIe siècle.

Elle devient la capitale de cette région région fertile, chaude et pluvieuse appelée B’akaal (actuellement Chiapas et Tabasco).

Pendant cette période se succèdent épisodes glorieux et catastrophiques, alliances et guerres. Les pyramides les plus impressionnantes ont été construites entre l’an 600 et l’an 900.

De tous les sites archéologiques mayas, Palenque est celui dont la découverte est la plus ancienne : à la fin des années 1690, le frère Ramón de Ordoñez y Aguilar venu évangéliser le Chiapas découvre les vestiges par hasard et propage la rumeur d’une immense cité perdue dans la jungle.
Mais le site était connu des Mayas Chol sous le nom de « Otolum » (Terre des maisons fortifiées, traduit en espagnol : Palenque).

Dès notre arrivée nous voilà face à la première pyramide (Templo de la Calavera ou Temple de la Tête de Mort), encore à moitié recouverte par la jungle . C’est le choc !
Loïc : « Ouah!!!! »

Il était à l’origine peint en rouge et bleu (au VIIIe siècle).

Les pyramides sont immenses et les arbres à lianes autour aussi.

Pour nous, encore un vrai coup de foudre dès que nous posons les yeux sur le Templo XIII et la Tumba de la Reina Roja (Tombeau de la Reine Rouge)

Il y a comme une entrée protégée par une palapa :

une porte… (découverte par une jeune archéologue alors qu’elle effectuait des fouilles en 1994, un mur sonnait creux)

et un couloir…

C’est flippant!

qui nous conduisent à trois chambres,

dont l’une abritait un sarcophage de pierre.

Celui-ci contenait les ossements d’une dame « rouge » qui y reposait depuis 1300 ans. Le corps, l’offrande et les parois du sarcophage étaient recouverts d’une épaisse couche de pigment rouge : du cinabre (un pigment obtenu par broyage de sulfure de mercure  hautement toxique ) – d’où le nom de «Reine rouge» (Reina Roja).

Qui prêta sa puissante identité dans l’un de nos jeux favoris…

Le grand nombre d’offrandes autour d’elle démontre qu’elle était une femme importante et puissante. Elle était couvert de jades, de perles, de couteaux d’obsidienne, d’aiguilles en os, et de coquillages. Son visage portait un masque réalisé avec environ 300 tuiles de jade. (les 3 photos ci-dessous proviennent du musée). Il est composé de cent dix-neuf morceaux de malachite, deux plaques d’obsidienne qui simulent les pupilles , quatre plaques de jadéite (cristal servant de lame sacrificielle) qui simulent les iris, deux tubulaires et deux perles circulaires qui forment les cache-oreilles en jade .

De plus, le corps était orné de colliers, cache-oreilles, coiffes, diadème, bracelets et bracelets de cheville.

Sur les côtés du sarcophage de la Reine Rouge se trouvaient les restes squelettiques d’un garçon de 8-11 ans (décédé par décapitation) et d’une femme de 25-30 ans (qui serait morte d’une extraction cardiaque). Selon les rituels mayas, ils correspondent à des compagnons sacrifiés pour escorter un noble lors de son voyage vers le monde souterrain (l’infra-monde).

Faute de la moindre inscription, l’identité de la Reine rouge reste mystérieuse. Les enquêtes suggèrent qu’il pourrait s’agir de Tz’akbu Ajaw,  l’épouse de Pakal « le Grand ». Des test ADN ont prouvé qu’elle n’avait pas de parenté directe avec celui-ci.

La Reine Rouge mesurait 1,58 m et avait 38-40 ans au moment de sa mort. Comme le veut la tradition de la noblesse maya, son crâne avait été déformé (depuis qu’elle était petite) en une forme tabulaire oblique au moyen d’attelles et de bandages attachés à la tête.

Une reconstitution de son visage a été réalisée

On sort pour admirer le temple voisin au sommet d’un pyramide de 20 mètres

appelé Temple des Inscriptions car il contient des inscriptions formant un seul texte de 617 blocs glyphiques, un des plus longs que l’on connaisse du monde maya, sur l’histoire de la cité. Ils ont permis de reconstituer la lignée de 19 rois (le premier c’était K’uk B’alam (Quetzal Jaguar) en 431 après J-C).

En 1952, après 4 ans de fouilles, un archéologue a ouvert l’entrée de la chambre funéraire, située à 25 m sous le sol du temple.

Bon pour des raisons de conservation on ne peut plus y accéder mais on sait que c’est là que repose, le célèbre seigneur Pakal le Grand (Kinich Janaab Pakal, 603-683), qui conduisit la ville à la gloire. Intronisé à l’âge de 12 ans, alors que la cité était en pleine décadence (après les défaites contre Calakmul en 599 et en 611), il occupait à la fois les fonctions de roi et de prêtre suprême. Il édifia la majeure partie des palais et des temples comme le Temple des inscriptions.
Lorsque Pakal meurt, au terme d’un très long règne (68 ans), il est vénéré comme un être surnaturel. La pierre tombale sculptée le représente émergeant de la terre dans un acte de renaissance. (Photo de musée ci-dessous:)

Pakal prend la place du Dieu du maïs qui naît de la terre, grandit, vieillit, meurt et se rend dans le monde souterrain d’où il renaît cycliquement. Dans la vision du monde maya, les humains ont été créés à partir de pâte de maïs. Les trois personnages essentiels sont: Pakal,  Kawil (Dieu de la nourriture) et le It-zamna (Dieu du Ciel) dans leur forme d’oiseau céleste, représentant les trois niveaux de l’univers dans la conception maya.

Le sous-sol du temple représente une montagne et le tombeau une grotte  (le seuil de l’inframonde habité par des divinités et des ancêtres). Les ancêtres de Pakal étaient représentés dans les reliefs latéraux du sarcophage.

La crypte fut construite avant la pyramide qui la couvre et finalement avant le temple. Avant la découverte de cette tombe, on pensait que les pyramides n’étaient rien d’autre que des soubassements de temples.

On continue. Devant nous voici El Palacio

Et comme toujours dès qu’on peut grimper on le fait !

Du balcon del Palacio, voici El Templo de las Inscripciones

Et regardez les gars une galerie !

Un complexe dédale au milieu de la montagne

Dominé par une tour carrée de 4 étages qui aurait servi d’observatoire.

Des patios

Loïc : « Regarde Alex, c’est géant ! J’ai trouvé un passage secret »
Alex (qui fonce devant) : « Ah ouais ! »

Alex : « Et regarde Loïc,  il y a des stalactites »
(infiltrations d’eau dues aux joints disloqués).

Les enfants sont excités comme des fous en explorant ce labyrinthe de corridors, de cours, de balcons, de portes voûtées

Derrière Alex et Loïc, au loin au cœur de la forêt, le Temple de la Croix

Et oui on est au derrière étage mon Lolo !

Mais ça continue !

C’est un vrai labyrinthe

Ici, il y a des fenêtres partout ce qui est rare dans l’architecture maya . Les pièces étaient séparées et fermées par des rideaux dont il ne reste que des supports.

Les galeries  renferment des sculptures et bas-reliefs. Ici des prisonniers que Pakal avait faits en 659. Il s’agit de nobles de Santa Elena, un royaume allié à l’ennemi Calakmul

El Palacio est l’une des plus belles et des plus complexes structures du monde maya, résultat d’innombrables transformations architecturales qui se sont produites sur plus de 400 ans.

A Palenque, plutôt que des stèles il y a de grandes dalles de pierre couvrant les murs : des panneaux portant des hiéroglyphes et autres sculptures.

L’Oval qui illustre l’intronisation de Pakal, aux côtés de sa mère Zac Kuk.

Et des colonnes du palais indiquent sa généalogie avec un texte scellant une alliance avec Tikal et avec Yaxchilan.

Allez c’est l’heure de « cache cache maire » pour nos loulous.

On continue l’exploration

On s’éloigne du palais

Waldeck un explorateur dessinateur farfelu du XIXe siècle, autoproclamé « Comte » et à la vie exceptionnellement longue (109 ans) est le premier à avoir dessiné les monuments de la culture  maya.

Victor file vers le Temple du Comte. Waldeck le nomma ainsi car c’est là qu’il séjourna lors de son voyage à Palenque.

Comme toujours, on escalade toutes pyramides sur lesquelles on peut grimper hein les gars ?

C’est vertigineux

La Reine actuelle du temple

Vamos ! Direction le Groupe Nord.

Il comprend cinq temples. Certaines parties d’entre eux remontent à 325 après JC, les derniers ajouts étant survenus entre 625 et 700 après JC, la période de Pakal et de ses fils.

Originellement à destination religieuse mais remodelés pour devenir des résidences : on y a trouvé des outils pour moudre le maïs, des lames d’obsidienne, et un four. 

On passe curieusement devant une tombe beaucoup plus récente : un priviligié, l’archéologue le plus célèbre de Palenque, Alberto Ruz Lhuillier. C’est lui qui découvrit l’entrée de la tombe de Pakal.

On suit un sentier et on passe un pont sur une rivière

On est au cœur de la montagne tropicale humide. Il reste encore plus de mille structures couvertes par la forêt. La zone découverte représenterait à peine un dixième de la superficie totale de la cité.

Le Groupe des Croix  est constitué de trois pyramides échelonnées couronnées de temples  édifiées à l’occasion de l’accession au trône  du fils ainé de Pakal, le roi K’inich Kan Balam II  (Serpent Jaguar II, qui régna de 684 à 702). La plupart des temples étaient entièrement peints en rouge, couleur d’éternité pour les Mayas.

Le Temple de la Croix Foliée

Le temple du Soleil 

Et le gigantesque Temple de la Croix.  

Il présente encore sa « cresteria », la crête ajourée et décorée qui couronnait généralement tous les temples mayas.

Allez à l’assaut !

On s’approche du temple au sommet de la pyramide

Le panneau principal commémore l’ascension au trône de Serpent Jaguar II (à droite) : il montre l’arbre cosmique, avec ses branches qui pointent vers les directions cardinales, croissant au centre du monde, prenant racine dans l’inframonde (masque du monstre de la Terre, en bas) et portant à son sommet Itzan Yeh, l’oiseau céleste.

A gauche, c’est Pakal revêtu de ses atours funéraires (il porte dans les cheveux le lys d’eau du royaume des morts) : il est représenté plus petit que son fils ,qui est désormais le souverain en place.

De chaque côté de l’entrée, deux pierres taillées qui représentent deux hommes richement vêtus :  

Serpent Jaguar II (Chan Balam II), richement vêtu.

face à un dieu de l’inframonde courbé par l’âge, fumant le cigare

La vue du sommet du temple de la Croix est à couper le souffle. De gauche à droite : le Temple du Soleil, le Temple XIV, et le Palais

Et maintenant direction le Temple de la Croix Foliée

Dans le temple, un panneau sculpté

Montrant un plant de maïs considéré comme l’axe du monde, poussant de l’inframonde (masque du monstre de la terre) vers le ciel (oiseau). Chargée d’éléments symboliques, la plante de vie porte, à ses extrémités, des têtes humaines : cela doit rappeler qu’aux origines du monde, l’homme fut pétri dans le maïs, dont il fit ensuite son aliment principal.
Représenté à droite, Pakal transmet à son fils (à gauche) l’instrument destiné à effectuer l’auto-sacrifice pénien, devoir royal destiné à fertiliser rituellement l’Univers. ouille ouille ouille !

Le Temple de la Croix en impose vu d’ici!

Allez on redescend !

Direction le Temple du Soleil

À l’intérieur, il y a un sanctuaire avec le Tablero del Sol, qui commémore, entre autres événements, la naissance (635 après JC) et l’ascension au trône (684 après JC) du señor Serpent-Jaguar II face à son géniteur, feu Pakal.
Les deux participent à un acte rituel qui a pour centre un bouclier solaire avec des attributs de jaguar. La scène centrale est soutenue par deux aspects
différent : le Seigneur de l’Inframonde face à un groupe qui contient des symboles de la Terre et du Dieu Solaire.

Les enfants du Soleil avec leur Madre

On s’en est mis plein les yeux !!!! Merci Palenque 🙏

A sa fondation le nom donné cette « Cité de Pierre » était « Lakam Ha' », qui signifie « le lieu des  Grandes Eaux » en référence aux nombreuses sources et cascades que l’on peut y trouver.

L’Aqueduc : de trois mètres de haut, permettait de canaliser les crues du ruisseau « Otolum » et aussi de lui faire traverser la cité le long du Palais,  complété d’un pont de pierre  dénommé  « le bain de la Reine ».

Après 799, on perd toute trace de la dynastie,la ville commença son déclin (bien avant l’arrivée des conquistadores). Plus aucune nouvelle construction ne fut entreprise dans le centre cérémoniel. Les lieux abandonnés petit à petit, furent dévorés par la jungle.

Au retour, sur le parking (gardé par un señor), on achète des mangues, une coco, plus quelques victuailles achetées au feeling (et à l’odorat) pour compléter le pique nique.

On rentre à l’hôtel pour se reposer un peu, et les enfants ont droit à une baignade dans la piscine.

Puis on repart en ville récupérer notre lessive et acheter des tongs à Glück. Les enfants ont très faim. On finit par sortir manger mais notre pote allemand est fermé. On se trouve un autre petit restau abordable à peine plus loin dans la rue

On y boit nos meilleurs margaritas depuis le début du séjour !

et on y mange plutôt bien

Sauf que Glück doit rentrer en catastrophe avec Alex qui ne se sent pas très bien.

On se couche tôt car demain, on doit se lever à l’aube ; notre objectif : les ruines Maya de Bonampak et le Guatemala

En video :

Pause et préparatifs dans la ville de Palenque

Samedi 14 avril 2018 :
Après une route longue et éprouvante,

On arrive en fin de journée à Palenque, à l’Hotel Cañada Internacional, très sympa.

On s’y installe puis on ressort à pied pour le repas. On se trouve un resto tout proche, le Saraguatos

On y a un très bon accueil du patron, un allemand  sympa comme tout avec nos enfants. Il est installé ici depuis plusieurs années, avec sa femme mexicaine.

Les plats sont très bons et l’ambiance détendue

Pendant la nuit, un énorme orage avec grosses pluies s’abat sur notre hôtel; on ne dort pas très bien !

Le lendemain, du coup on se lève tard car on a besoin de récupérer. La météo est mauvaise. On va petit déjeuner à la cafétéria voisine, où on est censés avoir des avantages en tant que client de l’hôtel (qui ne fait pas de restauration) : c’est vraiment nul. Heureusement des musiciens de passage nous ferons passer un bon moment, bien que le gérant revêche ait tenté de les éloigner  Lui, il ne nous reverra pas !

On apprécie la musique.

Pero para la comida, les quantités sont un peu légères pour notre Lolo gourmand!

On fait une mini-promenade pour acheter des victuailles et pour défouler les marmailles.

Dame Glück a depuis longtemps une idée en tête : montrer à Glück les différentes propositions d’excursions. Avec notamment un objectif secret : réussir à se rendre au Guatemala pour découvrir un lieu qui le fait rêver depuis très longtemps : la cité perdue de Tikal. Elle a beaucoup lu sur le sujet et a une idée en tête : réussir à trouver un bus jusque la Cité de Bonampak et traverser la frontière Corozal.

Glück est excité comme une puce : Tikal est difficilement accessible, en pleine jungle, dans un pays réputé dangereux. Mais est ce raisonnable de s’y rendre en famille ?

Cécile nous trouve une agence qui se dit prête à nous y conduire en 3 jours aller-retour. Elle se charge des transports et des formalités d’entrée sur les sites mais on garde une grande autonomie pour le reste

C’est bien tentant !

On rentre se reposer à l’hôtel. Il nous faut y réfléchir…

Journée coocooning : paperasses pour nous et devoirs pour les petits

En fin d’après-midi, un bon plouf dans la piscine

En video :

 

Et dès que la nuit est tombée, on retourne dans le bon restau de la veille

Toujours aussi sympa. On se prend des caipirhina.
On y fait la connaissance de Camille et Nicolas, un chouette couple originaire de Périgueux, qui reviennent du Guatemala. On parle de Tikal, du Mexique, des voyages. Ils partent demain pour San Cristobal de las Casas, les veinards! Grace à leur retour d’expérience de quelques jours auparavant , la conversation achève de nous enlever nos dernières hésitations ; c’est décidé, on ira à Tikal ! Merci à eux !!!
Elle est infirmière en pédiatrie et à un super contact avec les enfants (et pourtant ils ne sont pas  particulièrement faciles ce soir)
Concours de grimaces !!!!

Les enfants sont hilares

En video

Le lendemain, lundi 16 avril 2018

On ne prendra pas le petit déjeuner à l’horrible  cafétéria de la veille. On va à pied au centre ville car on s’est décidé à réserver l’excursion vers le Guatemala. On en profitera pour s’y acheter de quoi manger.
On passe par la lavanderia car tout notre linge est sale, normal avec cette chaleur tropicale ; bonheur: ils peuvent le laver pour le soir même!

On va ensuite à l’agence réserver notre périple pour Tikal; ils nous avaient proposé de tout gérer par téléphone de notre hôtel, mais on préfère se rendre sur place car on ne voulait pas se lancer dans cette aventure sans avoir évalué le sérieux de la compagnie.

Ça semble OK. On fait affaire après une longue négociation ; En fait, ils souhaitaient remanier le programme pour nous grouper avec d’autres, faire moins de transports pour eux , passer par un autre chemin et regrouper les visites, mais pour nous ça rendait les choses vraiment beaucoup moins agréables ! Donc on ne  transige pas sur le programme qu’on voulait, en particulier le passage par la Frontera Corozal, qu’on nous a dit plus sûre que le Frontera du côté Ceibo, même si on devra faire plus d’heures de route. On maintient également de visiter  Bonampak à l’aller / Yaxchilan au  retour car ils voulaient nous grouper les 2 sites le premier jour et faire uniquement le retour de Flores pour le J3. Mais nous, on n’a pas envie de faire une journée ultra chargée en bâclant ces sites exceptionnels et en arrivant  de nuit au Guatemala le premier jour,  puis de faire une journée morte avec que de la route le dernier. Donc on fait maintenir le programme initial. Ça nous coûte tout de même 16500 pesos ! Le prix de la sécurité (à priori).
On sort de là heureux comme tout! c’est vraiment un rêve qu on n’espérait pas pouvoir réaliser qui est en train de se concrétiser !

Puis on passe à la pharmacie chercher des antipyrétiques (au cas où…) et … des helados (des glaces) ! Ben oui, ici dans les pharmacies on vend aussi des glaces !

A déguster au Parque Central.

Comme seuls les enfants ont mangé, on essaie de se trouver un petit restau à desayuno (pour le petit déjeuner) sur la place, mais la serveuse est tellement mal-aimable qu on’décide de quitter la table et on va s’acheter de quoi manger à l’oxo !!!

Glück s’achète un Sombrero Tombstone chez une vieille marchande sympa comme tout;

On repasse par l’hôtel confirmer qu on réserve bien une chambre pour notre retour du Guatemala, et remplir nos bouteilles d eau à la fontaine

Il est déjà presque midi et on a un objectif majeur aujourd’hui : visiter la fabuleuse Cité de Palenque

En video

3 états du Mexique : Du Campeche au Chiapas en passant par le Tabasco

Samedi 14 avril 2018
14h00 : de Edzna, on a encore une longue route jusqu’à Palenque et ce sera éprouvant!

Tiens, une anecdote.  C’était il y a 2 semaines. Dialogue avec Didier. Alors Dame Glück pose une question :
–  Et le Chiapas, ça a l’air d’être bien sympa. C’est sécurisé. Pas trop risqué ? ça vaut le coup ?
– Ouais , c’est plutôt beau. C’est pas dangereux. Bon, une fois sur la route, on s’était fait braquer avec par un type avec un flingue. Mais juste une fois. Bon, on a redémarré et on a accéléré. Rien de bien grave quoi ! (c’était au fin fond du Chiapas vers San Cristobal de las Casas)
– Ah ouais quand même !!! Et Palenque ?
– Oui, Palenque c’est vraiment magnifique. Mais bon, non, la route est vraimmeeent trooop loooongue !!!!
Avec la mine de Galabru quand il parle  « du Nooooord  »
Ah , sacré Didier tu nous auras bien fait rigoler.
Et Marie Hélène : « Tranquille Didier. Tranquille. ça va aller »

Bon donc on sait à quoi s’attendre aujourd’hui. Vamos !!!

D’autres font la route dans des conditions bien pires que nous.

Blague à 2 balles : qu’est qu’on pose en premier quand on s’assoit ?
Son…

Des gamelles ou des bidons ?

Les topes
ça abîme les caisses

La route sera vraiment longue pour certains

Dommage que cette si jolie mer soit aussi si polluée par les usines pétrolières de la région

ça c’est de la langouste !

On traverse la frontière avec le Tabasco sans encombre

Puis l’impressionnant poste de frontière en arrivant au Chiapas ; Là, ça rigole moins …

Bon on est passés sans le moindre souci. Chiapas nous voilà !

Arrivée en fin de journée à Palenque

Edzná : Seuls dans le Monde Perdu Maya

Samedi 14 avril 2018 :
Après un solide petit déjeuner au Francis Drake de Campeche, on prend la route pour Palenque. Mais d’abord on fait un  crochet  par une petite route pleine de topes en direction du site d’Edzna, ce qui signifie «la maison des Itzáes »

En video :

Le site, en pleine jungle, est sauvage

Pas un chat…

Mais que fait Victor  ?

Ben il n’a même pas peur. Tout comme Loïc il court directement vers ce puits sans fond (chultune) histoire de tomber dedans ? Dame Glück est obligée de les recadrer.

La cité d’Edzná, avait l’un des système hydraulique les plus avancés des villes mayas, avec des réseaux souterrains ingénieux pour capturer et retenir l’eau de pluie, ce qui a facilité l’irrigation et l’entretien d’une population de plus de 25 000 habitants. Ce réseau de canaux drainait la vallée et l’eau était amenée vers un lagon, transformé en barrage, par des murs de soutènement. Tandis que d’autres canaux servaient à irriguer les champs. Cela a favorisé un degré d’humidité optimal dans la terre, pour une culture intensive, tandis que les canaux ont permis de développer la pêche, en plus d’être utilisés comme moyen de communication.

Tiens voilà  un passage secret…

…vers les mystérieuses cités de pierre

De l’autre côté on arrive sur un sacbé (ancienne route commerciale  maya). Le site est sauvage, désert mais très bien entretenu

Au bout du sacbe : une volée de marches

c’est raide

Et du haut des escaliers, c’est juste fantastique !!!

On arrive sur une sorte d’impressionnant plateau rectangulaire, la Gran Acropolis, qui regroupe 5 constructions à 360° degrés, et en face l’edificio des Los Cinco Pisos

C’est un temple haut de 31,5 m d‘une grande majesté architecturale, avec ses 30 chambres réparties sur ses 5 niveaux. (interdiction d’y monter)

Ce temple-palais contient une série de glyphes sculptés qui racontent des événements importants de l’histoire d’Edzná. 

Et si on montait encore plus haut : au sommet de l’un des temples de l’Acropole ?

D’en haut on voit bien les structures monumentales de cette énigmatique acropole.

Au pied de cette grande pyramide il y a un glyphe daté de l’an 652 après JC (mais les périodes de construction se prolongèrent jusqu’au XIVe siècle après JC). Ses 27 habitations ont toutes leurs façades orientées plein ouest avec certaines ouvertures voûtées (ce qui est rare dans la technique maya). Sur les autres faces du bâtiments, seul le premier niveau du côté nord a été partiellement exploré ; le reste est encore enfoui sous la jungle. 

Allez on monte sur l’autre pyramide !

Quand on tape dans nos main la pyramide nous répond avec le cri de l’oiseau.

Le plan de la cité :

On traverse une immense pelouse,appelée plaza grande, bordée par la Casa Grande, des gradins de 135 mètres de longueur. Allez on y monte !  Nohochná était dédiée aux tâches administratives

On peut y admirer tout le site. On a le Templo Sur et le Juego de Pelota à droite, la Plataforma de los Cuchillos qui part sur la gauche, et en face, l’ensemble des pyramides de l’acropole entourant Los Cincos Pisos.

El Templo de Mascarones. Un escalier avec…

Des glyphes et des statues partout. C’étaient des artistes, ces guerriers sanguinaires !

avec ses 2 superbes masques en stuc de la divinité solaire Kinich Ahau reconnaissable à son strabisme (soleil levant- soleil couchant), à sa dent limée et au piercing de sa cloison nasale

Le jeu de pelote

Edzná a commencé à décliner progressivement, jusqu’à son abandon total en 1450 après JC

Dans une palapa des stèles anciennes sont exposées

L’une d’elles montre la défaite d’un ennemi humilié et dans une posture délicate sous les pieds de son ravisseur aux sandales ornées.
Les hiéroglyphes ont pu être déchiffrés et précisent que la scène représentée  date de 790 après JC et correspond à un rituel d’ «attachement de pierre» (utz’apaw tuunil). On a pu reconstituer le nom propre de ce personnage, écrit phonétiquement « Chowa » suivie du titre « B’aahkab.  » (à la tête de la terre), reliant en même temps le concept religieux des divinités soutenu par les sentiers du cosmos avec celui de l’organisation politique de la région d’Edzná

Cette autre stèle est le portrait d’une femme qui a gouverné Edzná à la fin du VIIe siècle après JC. Elle est assise sur un trône recouvert d’une fourrure en peau de jaguar et elle porte une grande coiffe et des bijoux typiques de son rang. Elle porte le titre royal – Kal’omte ‘, qui dans des endroits comme Calakmul et Tikal est réservé exclusivement aux individus qui détenaient la plus haute place dans la  hiérarchie politique et militaire. Cela confirmerait l’hypothèse selon laquelle Edzna était une capitale régionale – du moins pour ce moment historique.

Le texte glyphique est daté 6 Kib’ 18 Yaxk’in (19 Yaxk’in au Petén), correspondant a la cuenta larga 9.11.4.14.16 ( soit le 16 juillet 657 après JC) et fait apparemment référence à un événement où cette dame aurait été «parée» pour participer à un rituel de montée sur le trône d’Edzná (nahway flx} k an? Ajaw Ixb ‘ak’Ixk’ ik’is). De références supplémentaires, nous savons que cette femme, avait pour nom pourrait être partiellement traduit par « La Dame divine ou la Dame de Sang ». Elle appartenait sans aucun doute à la plus haute hiérarchie féminine d’Edzná

Edzna vue du ciel :

Découvert en 1907 et après de nombreuses restaurations, ce site archéologique à été ouvert au public. C’est aujourd’hui un lieu touristique peu fréquenté de la région et donc bien moins connu que Chichen Itza.

Découvrir les ruines d’Edzná est une aventure incroyable : des vestiges mayas bien restaurés dans une nature intacte. Un lieu magique chargé d’histoire. C’est vraiment le pied de partir à la rencontre de cette ancienne civilisation !

Il est 14h00. On pique nique dans la voiture car ici il n’y a rien ni personne. On est loin de tout. On a encore une longue route jusqu’à Palenque et ce sera éprouvant!

En video :

Campeche, la ville coloniale fortifiée

Jeudi 12 avril 2018 : Après une journée riche en émotions nous arrivons à Campeche un peu avant le coucher du soleil, vers 19h20.

Et Ryme nous a trouvé une adresse au petits oignons pour y séjourner en plein cœur de la vieille ville.

Après s’être installés, on ressort manger. Et on va très vite tomber sous le charme de cette ville (300 000 hab ?) qui ne devait être qu’une étape et dont on n’attendait pas vraiment grand chose!

Campeche est une cité coloniale dont le cœur est entouré de remparts depuis le XVIIe siècle pour se protéger des nombreux pirates des Caraïbes. Mais maintenant les pirates y roulent en Chevrolet Camaro Noire !

Sous la surveillance des policiers et leur géniale petite voiture électrique  Renault Twizy encore plus petite que la non moins géniale Renault Twingo !

Partout de vieilles églises et de vieux monastères

Et ici dans les bars de flibustier les cocktails sont explosifs !

En fait le cloître c’est aussi une salle de théâtre parfois ou l’inverse…

Partout des bâtiments de l’époque coloniale

L’école de danse est stylée

Es la hora para comer en la calle !!!

Fajitas y guacamol !

Une fois l’estomac contenté, rentrons à l’hôtel :

C’est la grande classe!!!

Le lendemain, copieux petit déjeuner

le dieu soleil brille sur notre hôtel le Francis Drake. Nom d’un fameux pirate qui pilla la ville dès le XVIe siècle.

Nous partons à pied à la découverte de la vieille ville, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

En video

Glück passe devant chez son pote radiologue

De jolies églises

Victor tombe nez à nez avec l’Ex Templo de San José

L’intérieur très sobre, a été aménagé en marché artisanal ; Dame Gluck a un peu de mal avec le concept ….

On est mieux dehors !

C’est une jolie ville aux façades colorées aux tons pastels et bien rénovées, avec ses rues en damier

Les chocolatiers ne sont jamais loin de nous ici au Mexique 😉

Un bolide du siècle précédent…

et un bolide de ce siècle

Y-a-t-il de l’eau dans ton puits ?

La population mexicaine dans toute sa mixité

Un poster d’un lieu mythique perdu dans la jungle à la frontière du Guatemala : Calakmul

Aurons-nous un jour la chance de pouvoir y aller ?

Les remparts

Campeche constituait le port principal de la région pour les conquistadores avec notamment l’exportation de bois de Campeche (un petit arbuste dont la sève était utilisée en teinturerie : couleur rouge et noir), de cire, de miel, de tubercules et de sel.
Mais le monopole commercial imposé par l’Espagne à ses colonies a pour conséquence le développement la contrebande et de la piraterie.

« Ils me cassent les oreilles mes petits frères »

Plaza de la Independencia plutôt appelé Zocalo

Pauvres pigeons !

Catedral de Nuestra Señora de la Purísima Concepción

Au pied des remparts, une maquette de la vieille ville

Vamos a la playa ?

La mer est magnifique ici mais les raffineries au sud-ouest la polluent sans que personne n’ose s’opposer à la toute puissante Pemex.

Apero Tiempo !

On trouve encore un super resto

Y siesta al hotel

On ressort en fin de journée pour se balader un peu. Malheureusement la forteresse Baluarte de San Carlos vient de fermer !

L’ambiance est festive, il y a un concert de rue et la foule danse, on sent la population  pleine de joie de vivre.

Campeche la noche :

 

Le groupe brésilien met le feu dans la rue !

On passe acheter à l’Oxxo de quoi se faire un pique-nique à la chambre, Victor s’est endormi en route et il faut (encore) le porter. On grignote dans la chambre et on trie quelques photos avant de passer cette dernière nuit à Campeche


Même au paradis, la pollution pose problème

Les mexicains sont des gens extrêmement accueillants, avec un sens de la famille et de l’amitié assez incroyable. C’est une des caractéristiques que l’on a ressentie souvent dans les pays latinos et qu’on ne retrouve pas toujours ailleurs.

Le Mexique, avec ses paysages à couper le souffle et sa culture ancestrale, est pour nous un des plus bel endroit au monde.

Mais malheureusement, il y existe de nombreuses inégalités sociales avec un niveau de pauvreté important dans les régions reculées.

Et ici pas d’organisation de ramassage des ordures.

Voici par exemple le bureau en palapa du gardien de l’un des sites historiques maya de la Ruta Puuc. De nombreux détritus jonchent le sol tout autour.

Les gens manquent de moyens pour stocker et éliminer leurs déchets.

Un peu plus loin en direction de Palenque, la route passe sous une jolie arche

Mais si on regarde d’un peu plus près…

on voit sans avoir besoin de chercher bien loin des détritus le long de la route

C’est le même constat sur des kilomètres à travers la jungle

Quelques panneaux de fortunes fabriqués par les locaux essaient de sensibiliser et d’éduquer les indélicats de passage (et croyez nous les touristes ne sommes pas les derniers à mal se comporter ici).

Voilà entre autres  pourquoi l’eau du robinet n’est plus potable dans la région.

Il y a aussi des feux de forêt un peu partout

La fumée encercle parfois complètement les routes

Culture sur brûlis  ? Feu accidentel ou volontaire ?

Paysage désolé de forêts brûlées

En video :

Au milieu de cela notre voiture bipe : le niveau du réservoir d’essence de notre auto flirte avec le zéro.  Mapsme et Google Map nous indiquent une pompe à 30 km ça nous fait un crochet mais on y va, on n’a pas le choix.

Et quand on y arrive : rien, nada, que dalle… pas une station essence ici. Il faut donc qu’on rebrousse chemin vers le village le plus proche en direction de Campeche.

On est tous très tendus, aucune envie de tomber en panne sèche a milieu de nulle part ! Les enfants sont difficiles et notre patience diminue. On est à 2 doigts de la grosse dispute familiale. Et oui, ces moments là aussi font partie de l’aventure, car des problèmes apparemment simples peuvent avec la fatigue et la promiscuité permanente prendre parfois des proportions plus importantes que dans notre cadre de vie habituel.

La Ruta Puuc : Sayil et son palais rose

12 avril 2018 : après Labna et Kabah, nous nous mettons en route direction le site de Sayil.

Le parking est désert. Personne à la guitoune du gardien non plus. On est encore une fois seuls au monde.

Sayil, située dans une vallée, a été créée  au XIIIe siècle. Il s’agissait d’une cité secondaire de 10 000 habitants, sous l’hégémonie d’Uxmal. L‘irrigation des terres agricoles se faisait par un astucieux système de chtulunes (citernes) indispensables dans une région au sous-sol poreux et dépourvue de cours d’eau.

Une magnifique stèle se dresse à l’entrée

Sayil a commencé à décroitre vers l’an 950 après JC.  et a été abandonnée 50 ans plus tard suivant un modèle de déclin rapide, caractéristique de la région de Puuc. 

Le site est encore plus sauvage que tous les autres de la Ruta Puuc et nous marchons ici en pleine jungle.

Rapidement au milieu des arbres se dresse devant nous un énorme bâtiment à moitié enseveli sous la terre et la végétation

Et si on en faisait le tour ?

De l’autre côté on découvre son énorme façade restaurée : El Palacio (Norte), de couleur rose. Colossal !!!

Encore un monument improbable en pleine jungle!

Ce palais long de 85 m et est construit sur une plate-forme à double terrasse, ce qui donne l’impression que le bâtiment a trois étages. 

Ses 90 pièces  pouvaient loger 350 personnes ,alimentées en eau par 8 chtulunes

Les Glücks seuls au monde

En vidéo :

On emprunte un sacbe à travers la forêt, qui nous amène à un bâtiment en ruine appelé El Mirador , un temple pyramidal semi-dégagé sur un fronton à claires-voies

Et on tombe nez à nez avec le phallique dieu de la fertilité  Yum Keep,  de forte constitution 😉

Sur le chemin du Palacio on remarque ces arbres qui nous envoient de la neige.

Ces flocons qui tombe sur nous : c’est du coton !!!

Le cotonnier est utilisé par les amérindiens depuis 7000 ans

Malheureusement, il faut qu’on quitte les lieux. On n’aura pas le temps de visiter le site de Xlapak car il nous reste encore pas mal de route pour atteindre notre destination du soir : la ville de Campèche